Interview Solenne Hernandez #2

Solenne Hernandez ayant déjà répondu à une « interview classique », elle va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à elle.   Si tu étais un style ou un genre littéraire ? Je crois que ça dépend de mon humeur ! À vrai dire, j’hésite : j’aime voyager dans des romans fantastiques et j’adore faire voyager dans des nouvelles aux univers multiples, ou dans des romans dystopiques.   Si tu étais un art ? La musique. Parce qu’elle est un langage à elle seule, et qu’elle pourrait remplacer tous les mots s’il le fallait. Je trouve ça fascinant de voir combien la musique joue sur la perception que nous pouvons avoir des choses, des évènements.   Si tu étais un livre ? Harry Potter – à condition d’imaginer que les sept tomes seraient réunis en un seul et même énoooorme ouvrage. Parce que j’ai grandi avec ces livres, que je me suis réfugiée à Poudlard pendant toute mon adolescence et que je continue toujours. D’ailleurs, je crois que cette année c’est la bonne, j’attends impatiemment septembre pour recevoir ma lettre d’admission.   Si tu étais une émotion ? L’euphorie. Ou plutôt, le rire qui cause cette sensation de plénitude. J’ai toujours des frissons quand, au cinéma, ou au théâtre, ou même simplement entre amis, les gens – parfois inconnus les uns pour les autres – se mettent à rire en même temps de la même chose. Je trouve ça assez magique, et c’est tellement agréable de (faire) rire ! Ça détruit toutes les barrières.   Si tu étais un animal ? Une louve. Un brin sur-protectrice avec les gens que j’aime, avec des phases de « j’ai besoin d’être toute seule laissez-mooooooooi ». Mais avec toujours la meute, jamais bien loin. Sinon, une licorne. Moins badass, mais plus de paillettes.   Si tu étais un végétal ? Le désespoir du peintre ! Déjà, parce que c’est un nom beaucoup trop joli pour une fleur. Aussi, parce que je trouve la symbolique pleine de sens. Quelque chose qui en apparence peut sembler simple, mais qui finalement quand on y regarde de plus près s’avère un brin plus complexe que ce que l’on aurait pu penser.   Si tu étais un sens ? La vue ! Pour voir des détails qui semblent insignifiants aux autres mais qui me semblent essentiels. M’émerveiller devant les douze couleurs différentes d’un coucher de soleil. Voir les émotions se dessiner sur les visages des gens. C’est sans doute mon côté curieuse, mais la vue permet de ne jamais perdre une miette de quoi que ce soit !   Merci Solenne. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro : Tu as été sélectionnée pour ce cinquième numéro avec ta nouvelle Et la brise sur sa joue, peux-tu expliquer sa genèse ? J’ai écrit cette nouvelle, initialement, pour un concours. Le thème était « Cette décision qui a tout changé ». Je me suis laissée porter, sans trop savoir réellement où j’allais arriver. Mais à chaque ligne de plus, l’univers se dessinait sous mes yeux, alors je suis allée au bout ! Et même si le concours n’a rien donné, j’ai écouté les encouragements et je me suis dit que cette nouvelle avait le droit de voyager auprès d’autres lecteurs.   Tu nous présentes ton recueil de nouvelles un peu particulier Rien qu’une histoire, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ? J’aime écrire des nouvelles, c’est un exercice que je trouve passionnant et au cours duquel je ne m’ennuie jamais. Et j’aime tester de nouvelles choses, expérimenter, tenter, et faire tenter, aussi. Alors j’ai imaginé un recueil un peu différent des autres. À l’heure où les réseaux sociaux ont une place prépondérante dans beaucoup de vies, pourquoi ne pas tenter d’y inviter la lecture, et l’écriture ? Rien qu’une histoire était né ! J’ai créé le recueil sur Instagram en décidant de m’adapter aux contraintes de la plateforme : la chronologie des publications, la restriction du nombre de caractères… Chaque nouvelle est donc composée de neuf publications. Chaque jour, un nouveau passage est publié. Et toujours, on commence par la fin ! Libre ensuite au lecteur de lire la nouvelle dans l’ordre des publications, ou bien d’attendre qu’elle soit complète pour la découvrir…   Vous pouvez retrouver Solenne Hernandez sur Facebook. Et la brise sur sa joue est disponible dans L’Indé Panda no5. Découvrez Rien qu’une histoire sur Instagram.  

Interview Solenne Hernandez

Pour ce second numéro, c’est Solenne Hernandez qui commence à répondre à nos questions. Merci à elle. Tu as été sélectionnée pour ce second numéro avec ta nouvelle « Je m’appelle Marion », peux-tu expliquer sa genèse ? J’ai été inspirée par le thème imposé d’un concours de nouvelles, qui n’était autre que « Couleurs ». J’aime ce type de concours parce que c’est un excellent moyen de sortir de sa zone de confort. J’ai essayé de me concentrer en fermant les yeux, et des petites taches de lumières sont apparues, comme ça le fait souvent quand on ferme les paupières. Je tenais mon angle ! Et ensuite, sans réfléchir, j’ai commencé à écrire.   Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ? Je ne sais pas si je suis plus à l’aise dans un registre particulier, ou si je sais au contraire que certains registres ne sont pas faits pour moi ! Par exemple, je suis incapable d’écrire un policier ou une romance. Je suis davantage attirée par l’imaginaire, la science-fiction ou encore les dystopies. J’aime créer un univers à part, différent, qui s’ancre – ou non, d’ailleurs – dans notre réalité. Et plus j’écris, plus l’on me fait remarquer qu’il y a souvent un thème récurrent dans mes histoires : les souvenirs, les rêves. C’est un peu détourné dans Je m’appelle Marion, mais finalement ce qu’il voit quand ses proches s’expriment, c’est le souvenir qu’il a d’eux. Dans La Rumeur, le point d’ancrage n’est autre que le rêve. Dans Memoriae, que j’écris sur Wattpad, l’héroïne principale est Gardienne des Souvenirs. Je ne sais pas ce que ça signifie, mais c’est assez prégnant !   Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ? D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu écrire des livres. Depuis que je suis toute petite, je rêve d’écrire des histoires. La toute première était illustrée – oui, oui ! C’était l’histoire de tortues qui allaient faire leurs courses au supermarché, Atac. Une véritable épopée.   Quel est ton rythme d’écriture ? J’essaie de ne rien m’imposer et d’écrire quand l’inspiration me vient. Je me donne simplement des dates butoirs pour être certaine d’être dans les temps et pour ne pas perdre le fil de l’inspiration ou de la créativité. Pour le troisième tome de La Rumeur, je veux avoir terminé l’écriture début mai pour pouvoir relire, rerelire et rererelire pour corriger le tout et pouvoir le publier début juin. Je sais donc que je vais commencer à écrire en janvier, pour ne pas être pressée par le temps et bâcler l’écriture. Mon rythme est légèrement différent avec Memoriae. Initialement, j’avais convenu avec moi-même d’en publier un chapitre par semaine, mais je n’ai malheureusement pas toujours le temps de le faire. Alors j’essaie d’en publier un au moins une semaine sur deux, et si ce n’est pas le cas ce n’est pas grave. L’essentiel est que l’histoire progresse.   Comment construis-tu ton travail ? Tout dépend de ce que j’écris. Pour La Rumeur – Tome 1 : La Fuite, j’ai écrit sans filet. Je ne savais que quelques éléments clefs de l’intrigue et je laissais les personnages m’y mener. Pour La Rumeur – Tome 2 : L’Espoir, j’ai procédé autrement. J’ai d’abord élaboré un synopsis pour savoir, chapitre après chapitre, les grandes lignes de l’action et le cliffhanger final. Au moment de la rédaction, cela m’a permis de garder énormément de liberté mais de malgré tout rester cohérente avec le premier Tome, qui soulève beaucoup de questions. C’est sans doute ainsi que je vais procéder pour le Tome 3 ! Pour ce qui est de Memoriae, en revanche, je ne prépare rien. J’y vais au feeling, comme on dit. Je n’ai aucune idée de là où je veux arriver, ni comment. J’essaie de ne pas me mettre de barrière et advienne que pourra ! C’est encore différent quand j’écris une nouvelle. Généralement, c’est la chute qui me vient en premier ! Alors j’écris, jusqu’à ce que tout s’enchaîne logiquement jusqu’au point final.   Plutôt nouvelle ou roman ? Joker ? Ce n’est pas du tout le même exercice, pour moi. Les nouvelles, je les écris en one shot. Je m’installe à mon ordinateur ou devant mon carnet, et j’écris sans m’arrêter jusqu’à la fin. Pour les romans, c’est différent. J’écris un chapitre à la fois. Je le relis, je le corrige. Je réécris. Puis je passe au second. Et je relis le premier, puis le suivant, je corrige, je réécris, et ainsi de suite. Alors je prends les deux ! Les nouvelles sont comme des bouffées d’oxygène quand l’inspiration pour un roman s’essouffle légèrement.   Pourquoi être indépendante ? Je dois avouer qu’au début, je ne savais pas ce qui m’attendait. J’ai simplement voulu voir se concrétiser mon rêve : tenir mon propre roman entre mes mains. Puis ensuite, j’ai mesuré l’ampleur de ce que cela signifiait et j’ai découvert un univers riche en rencontres, en échanges et plein de bienveillance.   Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ? C’est génial de pouvoir échanger directement avec les lecteurs, de savoir que des inconnus vont plonger dans nos univers et venir nous en parler par la suite. C’est également un statut qui permet à l’auteur de faire ce qu’il veut quand il le veut. Organiser un concours, proposer une offre ponctuelle… Il y a beaucoup de liberté.   A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ? Le plus difficile, c’est sans doute de se faire connaître et de donner envie à des lecteurs qui n’ont aucune idée de qui je suis de me lire. Je ne parle pas de vente, mais bel et bien de la découverte, de la lecture pure. Les lecteurs n’ont pas toujours confiance en ce que peut proposer le monde de l’auto-édition et c’est dommage parce que tous les retours sont importants, pour s’améliorer, affiner sa plume et grandir.   Quel type de lectrice es-tu ? Une rêveuse ! J’ai besoin qu’un livre me fasse voyager loin de la réalité. Que l’univers soit noir ou au contraire plein de paillettes… Poursuivre la lecture Interview Solenne Hernandez