Interview Pascale Noger #2

Pascale ayant déjà répondu à une interview « classique », elle va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à elle. Si tu étais un style ou un genre littéraire ? J’écris principalement des romans policiers, mais si je devais être un genre littéraire, je serais un roman historique. J’ai toujours été fascinée par l’Histoire et je lisais mon manuel en début d’année scolaire comme un roman, au grand dam de mon professeur. C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai de bons retours sur Entre Deux Guerres, le seul roman historique que j’ai écrit. Je devrais peut-être changer de genre d’écriture ! Si tu étais un art ? C’est la question piège, car j’ai beaucoup de mal à mettre en avant un art par rapport à un autre. Pourtant, celui qui dépasse les autres est quand même la musique. Je crois que je pourrais me passer de peintures, de photos, de sculptures, mais en aucun cas de musique. Si tu étais un livre ? La trilogie Les Rois Maudits de Maurice Druon. Je le lis et le relis sans m’en lasser. Si tu étais une émotion ? Le plaisir, tous les plaisirs, qu’ils soient sensuels, gustatifs, intellectuels. Le plaisir de retrouver des amis autour d’un bon repas, d’admirer une œuvre d’art, d’écouter une bonne musique. Sans plaisir, je meurs. Si tu étais un animal ? Un chat, et surtout mon chat. Quand je vois la vie que mène ma Zoé, je l’envie ! Si tu étais un végétal ? Un cactus. Je sais, ça pique, mais j’ai appris à mes dépens qu’être trop gentille, ce n’est pas toujours bon. Si tu étais un sens ? La vue. Il y a encore tant de belles choses à voir que j’ai parfois l’impression que je n’ai pas assez de temps pour m’emplir les yeux des merveilles de l’univers. Merci Pascale. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :  Tu as été sélectionnée pour ce 12e numéro avec ta nouvelle La danseuse, peux-tu expliquer sa genèse ?  L’idée de cette nouvelle m’est venue tout simplement lorsqu’une chanson de Claude François est passée à la radio. J’ai imaginé ce que pouvait être le parcours d’une « Claudette » avant son entrée dans le groupe et j’ai pimenté un peu la fin en imaginant un casting dont les candidates ignorent la finalité. Tu nous présentes ton roman Madame l’Inspecteur Vottier, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ?  Madame l’Inspecteur Vottier est mon premier roman, et les différents personnages sont un peu un patchwork de mes amis… et aussi de ceux que j’apprécie le moins. Non, n’insistez pas, je ne donnerai pas de noms. Depuis ma rencontre avec Michel Embareck, la petite phrase qu’il m’avait dite : « Tu n’es pas trop vieille pour écrire » me trottait encore dans la tête. Je bullais au parc de Buttes Chaumont et l’ambiance estivale, le soleil, le ciel, m’ont tout d’abord inspiré le personnage d’Elize. Le Quartier latin, c’est là où j’ai traîné mes guêtres lorsque j’étais adolescente, et même après. Puis tout s’est enchaîné : Vottier, Camus, Blanchard, Giron…. Tous étaient certainement dans ma tête depuis un moment, c’est juste un après-midi d’été qui a été le déclic et qui leur a donné vie sur le papier. Pour finir, peux-tu me parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ? 2023 est l’année du changement. Je vais enfin pouvoir consacrer tout mon temps à l’écriture et aussi à faire connaître mes livres déjà parus. J’ai le projet de créer mon propre site de vente, mais pour mettre toutes les chances de mon côté, je commence déjà par faire un cycle de formations sur tout ce qui est marketing numérique. Fin 2022, j’ai eu l’idée de proposer à mes lecteurs une intégrale de Vottier qui reprendra la totalité de la trilogie en numérique et en livre papier. Donc je travaille sur la mise en page des trois romans en un seul, et sur une nouvelle couverture pour une sortie cet été. J’ai commencé mon prochain roman que je vais peaufiner avec amour et qui sortira en 2024. Et bien sûr beaucoup de salons et de séances de dédicaces pour rencontrer mes lecteurs ailleurs que sur le Web. Je serai présente sur le stand de la Librairie Jeunes Pousses (spécialisée dans l’autoédition) aux événements suivants : Découvrez La danseuse dans L’Indé Panda 12 Lisez Madame l’Inspecteur Vottier sur : Suivez Pascale Noger sur :

Interview Pascale Noger

Pascale Noger a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle ! Tu as été sélectionnée pour ce onzième numéro avec ta nouvelle Halloween, peux-tu expliquer sa genèse ? Bonjour à toutes et à tous. Et merci à toute l’équipe de L’Indé Panda pour cette sélection. Ma nouvelle, Halloween est inspirée d’une anecdote que l’on m’a racontée. Une soirée entre jeunes adolescents, douze ou treize ans, pas plus. Tous les invités repartent chez eux, et puis l’une d’elles revient, elle ne veut pas rentrer chez sa « belle-mère ». L’anecdote est restée dans un coin de ma tête pendant des années, jusqu’à ce que je décide de l’écrire, mais en me mettant du côté de celle à qui j’ai donné le prénom de Mariam. J’ai gardé la partie qui m’a été rapportée et qui se passe dans la maison d’Estelle. Le reste sort tout droit de mon imagination. Mais la raison qui pousse Mariam à se réfugier chez Estelle est véridique, c’est ce qui explique que je mette le nom belle-mère entre guillemets. Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ? Aussitôt que j’ai su lire, j’ai dévoré les enquêtes du Club des 5, d’Alice, de Fantômette, et j’ai continué avec Agatha Christie, Mary Higgins Clark. Alors, quand j’ai commencé à écrire, ça m’a semblé une évidence de commencer avec un policier. Ensuite, je suis passée au roman historique, mais ça, c’est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons plus tard. J’écris des nouvelles, bien sûr, et même trois histoires pour enfants que je compte bien faire illustrer et publier un jour. De ces différentes expériences, je dirai que j’aime parler de personnes que l’on peut croiser dans la vie de tous les jours, dans le métro, dans la rue. D’ailleurs, ceux qui ont lu les deux premiers tomes de Vottier comprendront qu’il y a un point commun entre Blanchard et moi : comme elle, j’adore « croquer » tous les êtres humains un peu à part que je croise durant mes trajets. Je ne me vois pas du tout écrire de la science-fiction ou de la fantaisie. Il faut que mes histoires soient ancrées dans le réel, qu’elles puissent faire dire au lecteur « tiens, ça me fait penser à untel, à ce qui lui est arrivé ». Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ? Je me rappelle très bien ma première histoire. Madame Legrand, mon professeur de français en première littéraire, a rendu les copies en disant « Pascale, 16 comme d’habitude. Pascale, vous avez tellement d’imagination que vous trouveriez encore quelque chose à dire sur les cheminées de Paris ». Au cours suivant, je lui ai tendu une copie double. Devant son air étonné, je lui ai dit « Tenez Madame, voici ma rédaction sur les cheminées de Paris ». On peut dire que c’était ma première histoire. Mon amie d’enfance me dit qu’elle me l’a rendue après l’avoir lue devant toute la classe. Cette première histoire a disparu depuis, au fil des déménagements et des aléas de la vie. C’est peut-être mieux, j’aurais certainement été horrifiée en la relisant. Quel est ton rythme d’écriture ? Je ne m’impose pas de rythme, pas de calendrier. Il s’est passé un an entre l’écriture de Madame l’Inspecteur Vottier et Sacrifices, le tome 2 de Vottier, même s’ils ont été publiés à quelques mois d’intervalle. Puis est arrivé le Covid, le confinement, et je suis restée quinze mois au chômage partiel, enfermée chez moi. Forcément, l’écriture a occupé une bonne partie de mon temps. Ces quinze mois de gestation ont donné naissance à deux bébés, Entre Deux Guerres, qui a nécessité de longs mois de préparation et d’écriture. Puis à la faveur du challenge Nanowrimo lancé par mes collègues de la librairie Jeunes Pousses en novembre 2020, mon recueil de nouvelles Vous reprendrez bien une petite part de vie a été écrit au rythme imposé de 50 000 mots en un mois. Par contre, lorsque j’écris un livre, je suis plongée dedans 24/24. J’y travaille un peu tous les jours, les idées arrivent n’importe quand, des phrases ou des paragraphes entiers et il faut que je les note ou que je les dicte immédiatement. Donc si vous croisez une femme qui parle toute seule dans son téléphone, le sourire aux lèvres et les yeux brillants, n’appelez pas le SAMU, c’est juste moi en pleine folie créative. Comment construis-tu ton travail ? Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, j’ai écrit mon premier roman en mode jardinier, écrivant les chapitres comme ils me venaient pour les intégrer ensuite dans le cours du roman. Pour Sacrifices, j’ai choisi d’écrire deux histoires en une, dans deux régions différentes, avec une alternance à chaque chapitre. Et même dans ce cadre structuré, j’ai réussi à écrire le début et la fin d’une des enquêtes avant le milieu. Pour Entre Deux Guerres, le mode architecte s’est imposé de lui-même puisque ce livre suivait les événements chronologies que j’avais trouvés au fil de mes recherches. Même si je suis à l’aise dans les deux constructions, et que je m’adapte au rythme que m’impose l’histoire, j’ai une petite préférence pour le mode jardinier et son côté débridé. Peut-être mon côté Verseau qui ressort ? Plutôt nouvelle ou roman ? Indubitablement nouvelle. J’adore ce rythme court, cette obligation, qui pour moi n’en est pas une, de condenser une histoire en quelques pages. Certainement une réminiscence de ces dissertations qui me mettaient en joie quand mes amies faisaient une tête de dix pieds de long ? Je pense sérieusement écrire un nouveau recueil de nouvelles… En 2023 ? Pourquoi être indépendante ? Au début, ce n’était pas un choix. Le manuscrit de Madame l’Inspecteur Vottier a été envoyé à de nombreuses maisons d’édition. Il a même été lauréat du premier concours de l’association les Murmures Littéraires et, à ce titre, présenté à une maison d’édition fin 2019. Mais je n’ai jamais eu aucun retour, ni positif ni négatif. Il faut dire aussi que le Covid est passé par là. Mais maintenant que j’ai gouté à l’indépendance, je ne pense pas que

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