Interview Bertrand Peillard #3

Bertrand Peillard ayant déjà répondu à une interview « classique » et à un portrait chinois, nous lui posons quelques questions sur ses lectures. Merci à lui. Quel est le livre qui t’a le plus effrayé ? Les plus effrayants, les ouvrages religieux parce qu’ils impactent le réel de manière quasi dictatoriale. Lorsque la littérature engendre l’inverse de ce qu’elle prêche dans the real life y’a de quoi avoir les chocottes. #calmez-vouslesfousdeDieu Le livre qui t’a fait pleurer ? Je ne l’ai pas encore lu… #snifbientôt ? Quel livre ou auteur t’a donné l’envie d’écrire ?Question difficile, je citerais comme ça, Vian, Djian, Giono du côté des Français, et Irving, Fante, Auster, Herbert outre Atlantique. Mais il y en a plein d’autres… #pardonauxoubliés Ton livre de chevet ? Pas de livre de chevet, j’ai une tablette avec une Pal délirante et mes 89 ans ne me permettent plus de relire deux fois le même titre. #plusque11ansavant100ans Le livre que tu as le plus lu, relu et re-relu ? Sans doute les miens à cause des phases correctives avant publication, mais de temps en temps j’aime bien relire du Jacques Prévert. #lacageaoiseau Si tu ne devais en garder qu’un seul ? La question qui tue. Désolé, je crois que je défaille… Argnhhhh… #glurps Et le livre ou l’auteur que tu n’as pas supporté ? Joker, mais souvent les livres des écrivains éditorialistes de plateaux télé me hérissent le poil. #tantdechosesafaireetsipeudetemps Merci Bertrand. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro : Tu as été sélectionné pour ce 10e numéro avec ta nouvelle « L’empire des ténèbres », quelle est sa genèse ? L’amour est le moteur de cette nouvelle. L’amour salvateur, celui qui contre vent et marée s’affranchit des obstacles, des impedimenta et des grosses galères de la vie. Le lien indéfectible entre deux êtres. Une nouvelle que je voulais douce comme du miel, tout en se posant quelques questions essentielles au passage. Une nouvelle quelque peu biographique au début, puisque basée sur un voyage de quelques mois effectué aux States avec ma moitié (la magnifique de la nouvelle). Le reste n’est que pure fiction, mais je demeure confiant au cas où… #mêmepaspeur Tu nous présentes ton roman « BikiniGhost: Lux in Tenebris », peux-tu nous raconter ce qui t’a inspiré ? Je suis assez fan de science-fiction et de dystopie, et j’aime bien m’essayer à différents genres littéraires. Bikini Ghost c’est l’histoire d’un jeune fantôme qui enquête sur sa mort et organise sa revanche. Évidemment, ce parcours est semé d’embûches, et son retour parmi les vivants des plus complexe. J’alterne dans le livre entre sa vie fantomale et sa vie de terrienne, ce qui permet d’étoffer le personnage dans les deux dimensions. Le premier tome a participé au concours Kobo-Fnac et a eu d’excellents retours et une très bonne distribution et même un prix littéraire. Ce livre poursuit sa route sur les plateformes. J’écris actuellement le deuxième tome des aventures qui a pris du retard à cause (de ma flemme) des activités culturelles que j’ai au sein de Label-Sud, puisque nous organisons le salon du livre des auteurs Indés de Marseille. Annulé cette année pour cause de Covid 19 mais espérant que nous reprendrons le flambeau en 2021. Quant à savoir ce qui m’inspire, je le dois certainement à la somme des livres, films et spectacles que j’ai vus dans ma vie. En cela, je peux remercier tous les auteurs, acteurs et trapézistes qui ont ou sévissent dans la Voie Lactée. #merciatous Découvrez Bertrand Peillard dans L’Indé Panda 10Lisez BikiniGhost: Lux in Tenebris sur AmazonSuivez Bertrand sur sa page auteur Amazon

Interview Bertrand Peillard #2

Bertrand ayant déjà répondu à une interview « classique », il va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à lui.  Si tu étais un style ou un genre littéraire ? Science-fiction. C’est un virus que j’ai attrapé très jeune en lisant la saga Dune de Franck Herbert, inégalée à ce jour.  Si tu étais un art ? La Musique, si spontanée, si immédiate à écouter.  Si tu étais un livre ? Relire Jacques Prévert de temps à autre ne me semble pas dénué d’intérêt.  Si tu étais une émotion ? La joie de l’amour servie par le rire et l’humour et vous savez tout sur moi.  Si tu étais un animal ? Sans doute un récif corallien implanté dans une eau à 25°, les tongs aux pieds.  Si tu étais un végétal ? Un dattier, c’est un péché mignon.  Si tu étais un sens ? La vue me semble impérative, mais je sais que je fais une lourde erreur en disant cela.  Merci Bertrand. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :  Tu as été sélectionné pour ce neuvième numéro avec ta nouvelle « Petite résurrection en forme de sourire banane », peux-tu expliquer sa genèse ? Nous rêvons tous de rester jeunes, en forme. On fait gaffe à son assiette, on tente de faire du sport, on s’achète des crèmes de nuit, des crèmes de jour, des crèmes pour toujours. On arrête de fumer, de picoler en espérant que tous ces efforts serviront notre cause. Je suis donc parti sur l’idée d’un type décrépit, au bout du rouleau qui allait faire le chemin inverse, jusqu’à sa résurrection. Bon ce type a un boulot particulier qui ne l’a pas aidé, et des addictions en pagaille. Et puis le jour de sa retraite, comme un électrochoc, il décide de se redonner une chance. C’est une nouvelle pour dire que tout est possible, tout est envisageable. Que la seule limite c’est finalement nous-mêmes et cette foutue volonté, mais que nous restons assujetties quoi qu’il en soit à notre condition de simple mortel. Tu nous présentes « Les réverbères jusqu’aux étoiles », peux-tu nous raconter ce qui t’a inspiré ?  L’envie de me mettre dans la peau d’un psychopathe, tenter d’élaborer les processus mentaux qui pousse un type à commettre l’irréparable. C’est un personnage que j’ai bien aimé incarner. C’est un roman noir, psychologique, mais rempli d’humanité qui dérange les lecteurs, parce qu’ils trouvent le personnage central presque trop sympathique, avec ses doutes et ses interrogations, ses rêves et ses envies, et cette empathie qu’ils développent va à l’encontre de ce qu’est réellement le personnage : un monstre.   Découvrez « Petite résurrection en forme de sourire banane » dans L’Indé Panda 9. Lisez « Les réverbères jusqu’aux étoiles » sur Amazon. Suivez Bertrand Peillard sa page auteur Amazon.

Interview Bertrand Peillard

Bertrand a accepté de répondre à nos questions. Merci à lui ! Tu as été sélectionné pour ce huitième numéro avec ta nouvelle « Good Morning America », peux-tu expliquer sa genèse ? Je suis parti d’une idée absurde. Celle d’un homme enfermé dans des toilettes publiques qui traverse un événement majeur, en aveugle. J’ai choisi le 11 septembre parce que cette tragédie restera à jamais une date incrustée dans la mémoire collective. D’abord par l’ampleur de l’attentat lui-même, puis par sa gestion catastrophique, mais tout autant par les bouleversements sociétaux que cela a engendrés par la suite et que nous subissons encore aujourd’hui. À défaut d’un changement d’air que laissait augurer ce nouveau millénaire, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle du tout sécuritaire, de la paranoïa aiguë. Le fait aussi que nous venions d’entrer dans le XXIe siècle et que cela ne démarrait pas sous les meilleurs auspices. Par ailleurs, je ne voulais pas décrire ce fait marquant du point de vue de la catastrophe, mais d’un angle extérieur. La chute de la nouvelle est symbolisée en quelque sorte par l’effondrement des Twin Towers. D’ailleurs, l’événement a été si hallucinant, qu’il m’a été difficile de garder le mystère jusqu’à la fin pour le lecteur. Et puis surtout, j’aimais bien l’idée que le type s’en sorte, comme une note d’espoir face à la folie des hommes. Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ? Je n’ai pas de registre particulier à proprement parlé, mais j’aime bien titillé la nature humaine, ses petits travers, ses inconséquences, ses contradictions et ses imperfections pour ne jamais oublier que nous resterons à jamais sous la fine couche policée qui nous compose des bonobos. L’humain est une source d’inspiration infinie, justement parce que nous gardons en nous cette part animale. J’écris des romans avec une thématique sociétale (la vieillesse, l’amour…) que l’on pourrait qualifier de littérature blanche que j’alterne avec des genres plus codifiés comme le thriller, le fantastique, plus légers à écrire pour moi. J’aime beaucoup introduire dans mes histoires du fantastique, et notamment dans mes nouvelles parce qu’en littérature tout est possible et que nous aurions tord de nous en priver. Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ? J’ai démarré par des poèmes comme beaucoup, je suppose, puis des chansons vers 13/14 ans. J’ai écrit mon premier recueil de nouvelles POISON vers 17/18 ans. Puis je me suis lancé dans un premier roman dans la foulée, puis un autre… Quel est ton rythme d’écriture ? Totalement anarchique, mon histoire se construit d’abord dans mon cerveau, les personnages apparaissent, l’histoire évolue au fil du temps, les chapitres sont neuronaux. Puis une fois que l’histoire est bouclée, bien en place dans ma tête, je déménage pour quelques mois dans mon ordinateur jusqu’au point final. J’écris de préférence la nuit où ma concentration est maximum et mon efficacité bien plus performante. Dans tous les cas, il me faut des périodes où je n’écris pas, un repos qui permet de reprendre contact avec sa vie sociale et familiale, parce qu’il ne faut jamais négliger The real life. Comment construis-tu ton travail ? Pas de plan déterminé, je peux démarrer par la fin puis revenir au début, poursuivre sur un chapitre intermédiaire. Je ne m’impose aucune règle, tout est possible. C’est la magie de l’écriture. Une fois le bouquin terminé, je le laisse mijoter dans un coin deux ou trois mois pour prendre de la distance. Après quoi je démarre les corrections. Plutôt nouvelle ou roman ? Les deux. La nouvelle reste un des exercices littéraires les plus exigeants qui soit, tout simplement parce qu’il faut aller droit au but et de préférence surprendre le lecteur. Cette nouvelle qui fait partie d’un recueil intitulé FRÉNÉSIE DU NÉANT est un compromis entre nouvelles et mini-romans. Le roman permet la digression, de s’attarder sur les personnages, d’approfondir la psychologie, les sentiments, ce qui représente un travail très différent d’une nouvelle courte dont la chute se doit de rester le « caviar » du lecteur. Pourquoi être indépendant ? Aujourd’hui, avec les plateformes numériques il est possible pour quiconque de publier ses livres. Cela permet de ne pas expurger le texte, de le livrer au public tel qu’on en a envie avec plus ou moins de bonheur. Et puis il faut le dire, même si j’ai été contacté par de grandes maisons d’édition, l’aventure éditoriale classique n’a jamais abouti jusqu’ici. Peu importe, au  final, le but est de se faire plaisir. Écrire une histoire, la mener au bout. Lorsque j’écris les considérations éditoriales, pub et marketing demeurent totalement absents. Et puis le numérique a changé la donne dans ce secteur très fermé. D’ailleurs, les maisons d’édition fouinent sur les plateformes la sortie des indés et en publient. La sélection s’opère d’abord par les lecteurs, si le livre à de bons retours, ils s’y intéressent. Et puis les textes s’améliorent depuis trois-quatre ans, il y a une sorte de professionnalisation des indépendants et des initiatives qui germent. Des salons de dédicaces, des magazines comme Ebook1D-Magazine en gestation, fait par des passionnés et dont le premier numéro paraîtra au mois de juin 2019 et qui à terme se voudra une référence pour les indés. Une belle aventure en perspective. J’incite lecteurs et auteurs à s’inscrire à la new-letter pour se tenir au courant. Bref les indés s’organisent. Voilà qui est intéressant, si l’on est un peu curieux et actif dans des groupes, cela permet de vaincre cette foutue solitude de l’écrivain. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ? La liberté de tout concevoir de A à Z. L’entraide qui existe sur certains groupes littéraires, la convivialité sur les réseaux sociaux. On n’est pas là pour se tirer dans les pattes, bien au contraire, enfin c’est comme cela que je l’envisage. Les auteurs et les lecteurs sont en général très sympas. Pas d’impératifs temporels, on travaille à son rythme et en fonction de ses dispositions. Alors qu’un livre en librairie dispose de 2 semaines pour convaincre, puis disparaît… Poursuivre la lecture Interview Bertrand Peillard