Interview Marilou Privali

Marilou a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle !

Tu as été sélectionnée pour ce quatorzième numéro avec ta nouvelle L’accident, peux-tu expliquer sa genèse ?

J’ai écrit ce one shot il y a des années, quand je publiais sur la plateforme Wattpad. Cette nouvelle m’a été inspirée par une série, HIStory3: Make Our Days Count. L’un des personnages ne regarde jamais en traversant et ça va lui coûter cher. Je me suis dit : est-ce qu’un accident peut tout faire changer ? Est-ce que les sentiments enfouis peuvent éclater au grand jour quand la peur de perdre quelqu’un devient insupportable ? Je crois sincèrement que oui !

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Mon registre, c’est la romance. Plus particulièrement la romance MM ou homoromance. Dans toute bonne romance, il faut un élément perturbateur, un obstacle à franchir pour permettre au lien amoureux de se construire. Dans la romance MM, cet élément (ou ces éléments !) est facile à trouver : l’acceptation de sa différence, le poids du regard des autres, la peur du rejet familiale. Ce sont ces sujets qui sont centraux dans la majorité de mes histoires.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire en 2019, pendant le confinement. Ce n’est pas la situation en particulier ni le temps de libre (je n’ai pas arrêté de travailler pendant cette période), mais une bonne grosse crise de la presque quarantaine. J’avais besoin de faire quelque chose pour moi, rien que pour moi, de m’évader, même si c’était derrière un écran. Écrire m’a beaucoup aidée.

Quel est ton rythme d’écriture ?

Tout dépend. Quand je suis sur une nouvelle histoire, j’écris tous les jours ou presque, mais je n’écris pas très vite. Il me faut en moyenne six mois pour écrire un roman. Je me relis beaucoup, corrige, réécris au fur et à mesure. Et quand je passe à la partie mise en page, préparation de la sortie, je n’écris plus du tout. J’ai besoin d’être sur un projet à la fois, je ne peux pas être focus sur plusieurs projets en parallèle, du coup, c’est plus long.

Comment construis-tu ton travail ?

J’écris toutes mes idées sur un carnet, toutes les images, les scènes importantes je les écris pêle-mêle.

Puis je retravaille tout ça pour les mettre dans l’ordre chronologique de l’histoire. 

À partir de cette trame de fond, je me lance dans l’écriture, chapitre par chapitre.

J’ai encore un peu de mal à faire des plans très précis, j’y vais plus au feeling.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Alors moi, clairement, je suis roman. C’est très rare que j’écrive des nouvelles. D’ailleurs, je pense que L’accident est la seule ou l’une des seules nouvelles que j’ai écrites. J’en écrivais du temps où je publiais sur wattpad mais maintenant voilà j’écris des romans.

Pourquoi être indépendante ?

Parce que j’adore tout contrôler. J’ai été publié dans une petite maison d’édition qui s’est spécialisée dans le FF, j’ai récupéré mes droits et maintenant je suis à 100 % en auto-édition. Quand on envoie un manuscrit à une maison d’édition, il y a des mois d’attente pour avoir une réponse, quand on en a une. Puis, il y a tout le travail éditorial derrière qui prend des mois et souvent ils sont tellement débordés que les publications ne se font que l’année d’après, c’est très long. 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

C’est un statut qui me convient complètement, c’est une liberté énorme, dans les choix scénaristiques par exemple, j’écris ce que je veux, sans me soucier des tropes à la mode, des tendances. Je fais ce que je veux du roman, c’est moi qui décide de la couverture, de la mise en page, des finitions. Ça permet d’être beaucoup plus réactive, d’être beaucoup plus rapide dans les publications. 

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Tout gérer. C’est très chronophage. En tant qu’auteur auto-édité, on ne fait pas qu’écrire, on gère tout. Parfois on délègue, mais ça aussi c’est à nous de le gérer, de contacter les bonnes personnes. J’ai des enfants, une vie de famille, un travail à côté et je peux vous assurer que tout mon temps libre y passe. 

Quel type de lectrice es-tu ? 

Je suis une lectrice acharnée, limite compulsive. Je lis partout et tout le temps. Je lis la nuit quand je n’arrive pas à dormir, je lis quand je vais aux toilettes, je lis pour mes pauses repas au boulot, je lis quand je suis dans un transport en commun, je lis dès que j’ai cinq minutes. Et c’est pourquoi je ne lis qu’en numérique. J’ai un abonnement Kindle, ça me permet d’avoir accès à des milliers de titres. Et je lis surtout des auteurs auto-édités.

Dans ce numéro 14 de L’Indé Panda, tu nous présentes Perhaps, peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ?

Perhaps m’a été inspirée par un film qui s’appelle ballroom dancing que j’ai vu étant adolescente. Je suis tombée amoureuse de la sensualité des danses, des costumes, du côté kitsch mais totalement adorable. Je crois que c’est le film que j’ai le plus vu et revu de toute ma vie. Un jour, je ne sais pas pourquoi, j’y ai repensé, et l’histoire de Fred et Jae m’est immédiatement venue à l’esprit. 

Dis-moi, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

L’indé panda, pour moi, c’est une opportunité. C’est aussi, et surtout, une équipe de bénévoles passionnées et hyper motivées, qui se plient en quatre pour nous offrir une plus grande visibilité. Je suis très fière et honorée de faire partie de cette belle aventure.

Pour finir, peux-tu me parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ?

Mon actualité en cours, c’est l’intégrale du Pays de l’Àlfheimr qui va arriver au mois de mai. Elle a été financée par une campagne Ulule qui a été un très grand succès. Les packs sont toujours disponibles sur ma boutique marilouprivalli.fr.

Puis j’ai un autre roman qui sortira sûrement cet été et, grande nouvelle, ce n’est pas une romance MM !! J’en parlerai très bientôt sur les réseaux. C’est une romance historique teintée de paranormal qui se passe dans le site touristique la Roque-Saint-Christophe. Je n’en dis pas plus, vous découvrirez tout ça très bientôt.