Interview Anne Monneau ~ Mnémosyne

Anne a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle !

Tu as été sélectionnée pour ce quinzième numéro avec ta nouvelle La haine dans tes yeux, peux-tu expliquer sa genèse ?

Cette nouvelle a été écrite pour un appel à textes sur le thème de la femme, auquel je n’avais finalement pas répondu. J’avais envie de traiter le thème de la femme à travers le thème des violences que les femmes peuvent subir, notamment au sein du foyer.

Les mots me sont venus dans un flot continu, j’ai écrit 90% du texte d’une traite, puis je n’y ai plus touché pendant des années, laissant la fin en suspens. La dureté de ce texte faisait que j’avais du mal à y retourner, mais je ne cessais d’y penser. Alors j’ai fini par rouvrir le fichier et mettre une fin à cette histoire. Elle est encore restée un certain temps dans mes tiroirs, j’attendais qu’une occasion se présente pour l’éditer et qu’elle soit mise en valeur comme il se doit. C’est chose faite avec L’Indé Panda.

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Je suis à l’aise avec l’écriture de textes courts, surtout poétiques, mais aussi de la fiction ou des bribes. Les thèmes récurrents que j’aborde sont ceux de la transmission, des liens familiaux, de la mémoire. J’ai aussi un très grand attrait pour la nature, que j’explore un peu plus dans le genre poétique.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire très jeune, mais d’abord dans ma tête. Je me racontais des histoires à la récrée, j’étais dans mon imaginaire. Puis, ma grand-mère m’a montré la machine à écrire de mon grand-père et j’ai tapé mes premiers mots. Je racontais mes rêves ! J’ai continué, avec, au collège, l’écriture et l’édition d’un journal, puis l’écriture de récits, pour mes ami-es notamment.

Quel est ton rythme d’écriture ?

En matière de textes longs, très, très lents. Pour les textes courts, j’écris assez vite, ça vient par fulgurance, et ça varie énormément. Si j’ai un projet ou une idée, je peux écrire plusieurs fois par jour, plusieurs jours voire semaine de suite. Et je peux aussi ne pas écrire un seul mot pendant des semaines.

Comment construis-tu ton travail ?

Je ne sais pas vraiment si je le construits, je vais là où ma plume m’amène !

Plutôt nouvelle ou roman ?


Plutôt nouvelle. J’ai un besoin de résultat rapide, de presque immédiateté (c’est pour ça que je m’épanouis énormément dans la photographie aussi.) J’ai dû mal à rester concentré et motivé sur un projet si celui-ci demande de l’investissement sur la durée. J’ai réussi à terminer un roman, le premier jet en tout cas, mais je n’ai pas pu aller plus loin. Alors que les nouvelles et textes brefs, j’en écrit régulièrement.

Pourquoi être indépendante ?

Parce que j’aime faire par moi-même. Je vois la publication d’un livre comme un processus créatif du début à la fin, et j’aime pouvoir le faire par moi-même. Sauf la correction, qui est fait par une professionnelle, par respect pour mon texte et mon lectorat.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce statut ?

La liberté et la créativité que cela offre !

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Vendre et promouvoir mon travail. D’ailleurs, je me sens bien mieux depuis que j’ai lâché du lest et décidé que je préférais rester moi-même plutôt que de me forcer à faire de la communication qui ne me correspond pas.

Quel type de lectrice es-tu ? 

Apparemment, je suis une grande lectrice. Statistiquement en tout cas, avec plus de 100 livres lus depuis 3 ans (je compte les recueils de poésie, les albums jeunesse, les BD, tout, pas seulement les romans). Moi j’ai dû mal à considérer que je lis beaucoup, notamment car j’ai une PAL de plus de 500 livres qui ne semble pas vouloir diminuer !


Dans ce numéro 15 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman La Paix des fleurs, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ?

La Paix des fleurs est un recueil de trois nouvelles qui parlent des thèmes de la fin de vie, de la mémoire, de la transmission et du deuil. Ces textes ont été écrits sur une période de trois ans (un par an), durant laquelle je faisais le deuil de ma grand-mère, dont j’étais très proche. C’était un moyen pour moi de continuer à vivre à ses côtés, mais aussi une envie de montrer que la fin de vie peut aussi être un moment doux, poétique, à travers des histoires qui apportent un certain apaisement.

Dis-moi, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Je suis les aventures de L’indé Panda depuis quelques années avec l’envie d’y participer, sans avoir sauter le pas avant cette année. J’ai l’impression, à force d’avoir croisé des auteurices faisant partie de cette aventure, que L’Indé Panda est une grande famille, un lieu de soutien, de bienveillance et de partage.

Pour finir, peux-tu nous parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ?

Cette année, j’ai eu la chance de voir plusieurs de mes textes publiés dans des revues et recueils, notamment la revue Feux Follets, L’Indé Panda ;), le recueil thérapoétique Se Lier, et d’autres publications m’attendent, toujours en ouvrage collectif, dans des maisons d’éditions que j’affectionne (je ne peux pas encore dévoiler les noms).

En tant qu’indépendante, je continue de publier mes livres, notamment sous forme de livres d’artistes entièrement fait main, je participe à des expositions, et je fais des collabs avec d’autres auteurices et artistes, parce qu’indépendante ne veut pas dire solitaire !

Un grand merci de m’avoir lue, je suis vraiment heureuse de pouvoir participer à cette belle aventure !