Interview Khalysta Farall #6
Khalysta Farall a déjà répondu à une « interview classique », à un portrait chinois, à une foule d’interrogations sur ses habitudes de lecture et à la même foule d’interrogations concernant ses habitudes d’écriture. Place à une nouvelle interview ! Comment t’est venue l’idée de ta nouvelle « À ton image » ? Le rapport humain/machine me fascine. D’un côté, je rêverai de pouvoir converser avec une entité artificielle consciente et intelligente, et d’un autre, j’ai peur de ce que cette entité verra chez nous. Pour l’exemple : en 2016, Tai, une IA conçue par Microsoft et lancée sur Twitter est devenue raciste, misogyne et nazie en à peine 24 h, car elle copiait le comportement des utilisateurs de la plateforme. Si l’humain est capable du meilleur, il est, à mes yeux, surtout capable du pire. C’est ce que j’ai voulu montrer avec ma nouvelle. Y a-t-il un message ? Espères-tu faire réagir les lecteurs et lectrices ? Si je devais en simplifier le message, c’est que quoi que nous fassions, nos actes finiront par rejaillir. Dans mon histoire John est une machine qui n’existe pas encore, mais si on y réfléchit bien, des John, il y en a des centaines tout autour de nous. Les enfants nous observent pour apprendre et comprendre le monde. À nous de leur montrer le bon exemple à suivre. Les « mauvais » adultes d’aujourd’hui forment malheureusement ceux de demain. C’est ta sixième sélection dans L’Indé Panda ! Qu’est-ce que cela te fait ? Ça me fait évidemment très plaisir. La nouvelle est mon format favori, qui est malheureusement trop souvent boudé par le public francophone. Grâce à l’Indé Panda, j’ai eu l’occasion d’enfin pouvoir m’épanouir dans ce format, en plus des rencontres formidables que cela m’a apportées. Veux-tu nous dire quelques mots sur ta trilogie « Les Moissonneurs stellaires » que tu nous présentes dans cet opus ? L’univers ? Quand j’ai commencé à l’écrire il y a quelques années, j’étais loin de me douter qu’elle rencontrerait un tel succès. Née d’un de mes rêves, l’histoire devait tout d’abord être une nouvelle, puis est devenue un roman pour enfin se transformer en trilogie ouverte. J’y aborde quantité de thèmes qui me sont chers, comme le rapport à l’Autre, la place de l’humain dans l’univers, le rapport humain/machine, l’écologie et un peu de politique. La SF est un univers riche et illimité, qui permet de mettre toutes ces questions en avant et j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cette aventure. Les personnages ? Y en a-t-il un ou plusieurs que tu préfères ? J’ai de l’affection pour tous mes personnages, des héros aux antagonistes, qui ont chacun leur raison de faire ce qu’ils font. Mais si je devais en garder trois parmi mes préférés : – Six est une jeune femme soldat un peu brute, qui a un léger syndrome du capitaine Achab qui la pousse dans une obsession de vengeance destructrice. – Yuri, lui, est une IA dotée d’un module de simulation d’émotions qui refuse sa nature de machine, bien qu’il accomplisse sa mission avec sérieux par attachement envers son utilisateur attitré. – Et enfin, Trixy, LA Trixy. C’est une IA basée sur de la logique pure, véritable team 1er degré à elle toute seule. L’un des personnages que je me suis le plus amusée à créer. Un passage a-t-il été plus difficile qu’un autre à écrire ? Pourquoi ? Hummm, je dirais que c’est la première partie de Mirage, le tome 2. Souvent les seconds tomes sont les moments charnières des histoires, et ce passage cristallisait toute la remise en question du précédent tome, ce qui n’était pas forcément évident. As-tu une parution prévue pour l’année 2019 ? Si oui, peux-tu nous en dévoiler un peu plus ? Oui ! J’ai décidé de quitter momentanément l’univers de la SF pour m’attaquer à de l’heroic-fantasy. Le 1er mai est paru le premier tome des Larmes de Sang, intitulé La source perdue. Sima, une cendre-peau rejetée par son peuple à cause de sa différence, aura la malchance de croiser le chemin de Gaert, un noble aux intentions obscures qui se trouve être un véritable porte-poisse ambulant. Pour échapper à une secte qui les poursuit, ils devront retrouver l’endroit où la magie a disparu des siècles auparavant, la mystérieuse source perdue. Ce roman a gagné, à ma grande joie, le prix du jury lors du speed dating organisé par Amazon lors du salon Livre Paris, en mars 2019. Suivez Khalysta Farall sur Facebook. À ton image est disponible dans L’Indé Panda 7. Retrouvez Les Moissonneurs stellaires sur Amazon.
Interview Khalysta Farall #5
Khalysta Farall ayant déjà répondu à une « interview classique », à un portrait chinois, à une foule d’interrogations sur ses habitudes de lecture et à la même foule d’interrogations concernant ses habitudes d’écriture, L’Indé Panda a choisi de lui offrir carte blanche pour une tribune sur le sujet de son choix (en rapport avec la littérature, quand même !) C’est toujours un réel plaisir d’être sélectionnée par ces chers pandas. Vous commencez à me connaître, à force, et plutôt qu’un énième interview, je vais profiter de la tribune libre que l’on m’offre pour parler de la littérature de l’imaginaire et pourquoi je pense que c’est important de la rendre accessible aux enfants.En effet, on m’a quelques fois reproché mon style d’écriture « trop simple », mon « intrigue plutôt linéaire » ou encore très récemment que « ça n’a pas la complexité d’un Damasio ». Certes, je ne fait pas de longues phrases ampoulées, je n’invente pas 4 nouveaux mots par chapitres et les concepts scientifiques que j’utilise pour mes romans de SF restent assez vagues. Mais malgré ces critiques, je continuerai à rester « simple », car un Damasio, s’il est bien un maître dans son domaine, n’est pas accessible à un gamin de 10 ans. Et si moi, a cet âge, je n’avais pas eu tous ces livres pour m’évader, pour rêver, pour apprendre les bases de ce qu’est une société totalitaire, comment peut-on régler un conflit en évitant la guerre, comment se trouver soi-même en partant à l’aventure… Je ne serais pas l’adulte que je suis aujourd’hui. Toutes ces heures de lectures, parfois en cachette sous la couette, on forgé mon imaginaire et ma réflexion. Et si ces textes n’avaient pas été « simples » ? je ne les aurait sans doute pas lu.Qui lit Van Vogt, Clark Ashton Smith ou Ursula Le Guin ? Des adultes qui, plus jeunes, ont été initiés par des lectures accessibles.Alors, je veux dire MERCI.Merci à Eric l’Homme, à Christian Grenier, Jean-Pierre Andrevon, Danielle Martignol, Gudule, Serge Brussolo et tant d’autres. Merci à tous ces auteurs qui, volontairement, on écrit des œuvres que certains qualifient avec dédain de « simplistes ». Merci à eux de m’avoir initiéeà la littérature de l’imaginaire, aux voyages extraordinaires et au dépassement de soi.Mon rêve, en tant qu’autrice, n’est pas de gagner un prix ou d’être adulée par les critiques. Ce qui comblera mon cœur de scribouillarde, ça sera lorsqu’un adulte me citera en disant « grâce à elle, gamin, j’ai pris goût à la lecture ». Merci à Khalysta pour cette tribune. Vous pouvez retrouver Khalysta Farall sur Facebook. “L’étrangère qui vit chez moi” est disponible dans L’Indé Panda no6. Découvrez “Les moissonneurs stellaires : Protocole Zéro” sur Amazon.
Interview Khalysta Farall #4
Khalysta Farall ayant déjà répondu à une « interview classique », à un « portrait chinois » et à une foule d’interrogations sur ses « habitudes de lecture », elle nous dévoile à présent tous ses secrets d’écrivain… Merci à elle ! As-tu des sources d’inspirations particulières ? Mes rêves. Je suis quelqu’un qui attache beaucoup (trop ?) d’importance aux rêves. Depuis toute petite je suis capable en me réveillant de me souvenir de rêves marquants, de scènes particulières ou de sensations troublantes. J’ai pris l’habitude de les écrire dans un petit carnet qui ne quitte jamais ma table de chevet. Parfois, un détail ou une scène me marque vraiment et je me réveille en me disant « ça, ça ferait une bonne histoire ! ». Je note tout ce que je peux et ensuite je brode autour. Mes rêves sont ma principale source d’inspiration, eux-mêmes étant inspirés de ce que je vois, j’entends ou je lis, le tout digéré par mon esprit un peu tordu. Des habitudes « spéciales écrivain » ? Oh, pleins ! J’ai toujours un carnet et un stylo sur moi pour noter d’éventuelles idées. Dès qu’on approche de la rentrée scolaire, je fais le plein de stylos et de cahiers (les « Oxford nomad book lignés », les meilleurs !). Mon bureau est intégralement recouvert de post-it avec des règles de grammaire ou des idées à ne pas oublier pour mon livre en cours. Et parfois, dans une soirée ou un repas, je disparais quelques minutes pour aller noter au calme des idées, des bouts de conversations ou des détails qui me semblent intéressants. Dois-tu consommer des psychotropes pour écrire ? Si oui, lesquels ? DU SUCRE !!! Je suis une grande accro au coca et aux bonbons (mais j’essaie de me soigner). Lorsque j’écris, j’aime avoir quelque chose à grignoter à portée de main, étrangement ça m’aide à réfléchir. Par contre jamais de café, ou alors avec 4 sucres dedans. Es-tu du genre à écrire toute la journée en robe de chambre et à te laver une fois par semaine ? Si on m’en donne l’occasion, oui, presque. ^^ Avant d’être écrivain, je suis mère au foyer. Donc mon écriture est rythmée par les siestes de mon petit gars et la tenue de la maison. Mais, de temps en temps, je m’exile pour une petite semaine et là c’est retour à l’âge de pierre. En culotte toute la journée (bon, sauf quand il faut faire les courses pour le ravitaillement) et écriture, écriture et écriture ! Avec un énoooorme paquet de bonbons et une réserve de coca ! As-tu un stylo fétiche ? Pas un stylo en particulier, mais une marque de stylo. Je n’aime écrire qu’avec des « Bic cristal fine » noirs. Et gare à ceux qui me les piquent pour gribouiller avec ! Que préfères-tu dans l’écriture ? La liberté et la toute-puissance. Ça peut faire sourire comme ça, mais lorsque j’écris, en dehors du fait que c’est un réel plaisir de mettre en forme des idées, de construire des mondes ou de « mettre au monde » des personnages, j’aime surtout ce sentiment que c’est moi qui décide. Qui vit, qui meurt, qui aimera qui, et comment tout ça finira. Je pense que tous les écrivains ont inconsciemment une sorte de complexe de Dieu. Mais parfois mon histoire me résiste, elle m’entraine vers un scénario que je ne n’avais pas prévu, l’enchainement des scènes m’amène à une conclusion qui diffère de celle prévue au départ. Mais avec un peu de ruse et d’astuce, je reprends toujours le contrôle de ma création. C’est ça aussi que j’aime, dans l’écriture. C’est une sorte de combat entre la bête et son créateur. Y a-t-il une chose que tu détestes par-dessus tout dans l’écriture ? La correction. Dans le processus d’écriture, c’est ce qui m’ennuie le plus (et je dis ennuyer pour ne pas dire autre chose). C’est un travail long, fastidieux et pénible, en opposition totale avec l’écriture pure, qui elle m’est fluide et naturelle. Mais je sais bien que c’est nécessaire, donc je m’y colle à chaque fois (même si c’est à reculons). As-tu déjà été frappée du syndrome de la page blanche ? Le redoutes-tu ? Pas vraiment. J’ai toujours des idées, mon esprit ne se repose jamais. Donc je ne me suis jamais vraiment retrouvée devant le clavier sans savoir quoi écrire. Par contre, je suis régulièrement victime de crises de flemme. Étant une grande accro aux jeux vidéos, j’ai parfois beaucoup de mal à lâcher la manette pour me mettre à bosser, alors que j’ai déjà tout en tête. Mais en général tout se règle facilement après une bonne séance d’auto-bottage de fesses. As-tu une méthodologie particulière pour écrire ? Tout d’abord je me fais l’histoire dans ma tête. Une fois, deux fois, dix fois s’il le faut, en changeant des détails, et imaginant d’autres tournures. Je suis quelqu’un qui est très souvent dans les nuages. Une fois que le fil me plaît, j’écris tout dans un cahier d’une seule traite, comme si je résumais l’histoire à quelqu’un avec quelques détails importants. Puis, une fois tout à l’abri dans mon petit cahier, je me mets à écrire sur l’ordinateur, en laissant l’histoire se dérouler, grandir et parfois se modifier au fil des pages. Mon premier jet manuscrit me sert de référence au cas où, mais j’avoue n’en avoir presque jamais besoin. Merci Khalysta. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro : Tu as été sélectionnée pour ce quatrième numéro avec ta nouvelle Möbius, qu’elle est sa genèse ? Möbius est une nouvelle toute particulière pour moi. Une nuit, j’ai fait un rêve horrible, où je commettais un crime abominable. Mais dans ce rêve, cet acte était nécessaire, je n’avais pas le choix. Alors, en me réveillant, je me suis demandé qu’est-ce qui pouvait pousser une personne à commettre ce genre d’acte. Et plus largement, quelle est la frontière, parfois mince, entre victime et bourreau ? Mes réflexions m’ont donc amenée à cette histoire. Tu nous présentes ton roman Mirage, peux-tu nous raconter une
Interview Khalysta Farall #3
Khalysta Farall ayant déjà répondu à une interview « classique » et à un « portrait chinois », nous lui posons quelques questions sur ses lectures. Merci à elle. – Quel est le livre qui t’a le plus effrayée ? C’est « Le masque hanté » de R.L. Stine. Comme beaucoup de gens de mon âge, j’adorais les livres de la série « Chair de poule » étant petite. Celui-ci m’a particulièrement marqué, je me souviens que pendant longtemps j’ai eu peur de mettre un masque parce que je craignais qu’il ne colle à mon visage. – Le livre qui t’a fait pleurer ? Question difficile, car je ne lis pas de littérature sentimentale (mais genre, pas du tout du tout). Ceci dit, vers 14-15 ans j’ai lu la décalogie de « La Belgariade » de David Eddings et je l’ai tellement adoré, les personnages étaient si attachants, que quand j’ai terminé ma lecture, j’ai versé une larmichette parce que ça me faisait un peu de peine de me dire que je ne les suivrai plus dans leur aventures. Un peu comme si je disais adieu à des amis très chers. C’est la seule histoire qui m’a fait ressentir ça. – Quel livre ou auteur t’a donné l’envie d’écrire ? Il y en a beaucoup, étant petite j’étais une vraie boulimique de lecture et je pense que c’est un peu tous ces livres qui m’ont poussé vers l’écriture. Mais si je dois en choisir un, je dirais que c’est « Virus L.I.V.3 ou la mort des livres » de Christian Grenier. Je l’ai lu vers 10 ou 11 ans et il m’a beaucoup marqué. Ce livre raconte l’histoire d’une société divisée entre ceux qui lisent et ceux qui préfèrent les écrans. Un jour un mystérieux virus apparait et transforme tous les livres en objets interactifs dans lesquels on peut littéralement vivre l’histoire que l’on lit. J’ai tellement adoré ce concept que je me suis mise tout d’abord à faire une liste de tous les livres dont j’aimerais vivre l’histoire (et il y en a beaucoup) et ensuite je me suis dit que ce qui serait encore mieux, ça serait de carrément d’en inventer. – Ton livre de chevet ? « Dagon » de ce cher H. P. Lovecraft. C’est le premier recueil de nouvelles de lui que j’ai lu et du coup ça reste un livre avec une valeur sentimentale très forte. J’ai beau le connaitre par cœur, je ne m’en lasse pas. – Le livre que tu as le plus lu, relu et re-relu ? Eh bien ! ça sera « Virus L.I.V.3 ou la mort des livres » de Christian Grenier. Je pense qu’en tout, j’ai dû le lire une bonne trentaine de fois, si ce n’est plus, car c’était mon livre de chevet entre mes 10 et mes 16 ans. J’ai toujours eu beaucoup de mal à m’endormir, alors souvent je rallumais la lumière et je prenais ce livre pour le relire, d’une traite la plupart du temps (ce qui me mangeait une bonne partie de ma nuit d’ailleurs). – Si tu ne devais en garder qu’un seul ? Choix difficile, très difficile. J’ai deux auteurs en adoration : Lovecraft et K. Dick. Donc, par élimination, je vais choisir de garder Lovecraft, parce que je suis une fanatique. Ensuite, par élimination toujours, je dirais que je garderais « Les montagnes hallucinées » qui est mon histoire favorite. Mais vraiment par élimination, parce que sinon je garderais la totalité des œuvres de ces deux messieurs. – Et le livre ou l’auteur que tu n’as pas supporté ? Je vais me faire des ennemis, car je sais que cet auteur a beaucoup de fans, mais c’est « Apparition » de Graham Masterton. J’ai dû lire en tout 5 ou 6 livres de lui, et à chaque fois je tombe pratiquement sur le même défaut : ce besoin presque maladif de mettre du sexe grossier et gore qui, à mon sens, n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Dans pas mal de ses autres livres, ça m’a juste un peu dérangé. Mais là, il a touché à mon auteur chéri, mon chouchou, mon maître adoré : Lovecraft. Et ça été un supplice de voir ce qu’il a fait de l’histoire de Keziah Mason et de Brown Jenkins (en dehors du fait que je ne voyais pas l’intérêt de reprendre et de modifier cette histoire, qui est l’une de ses meilleures). Non vraiment, j’ai détesté ce livre. Merci Khalysta. Nous allons finir sur les deux questions habituelles concernant tes écrits découverts dans ce numéro : Tu as été sélectionnée pour ce troisième numéro avec ta nouvelle « Mes petits chéris », quelle est sa genèse ? « Mes petits chéris » est un défi d’écriture, c’est-à-dire qu’on m’impose un thème sur lequel je dois écrire une nouvelle. Pour ce cas-ci, c’est mon amie Marie qui m’a proposé « les nains de jardins », car elle en est fan. Mais vraiment très, très fan. Alors je me suis amusée à lui écrire une histoire sur mesure, où je l’imaginais quand elle serait vieille. Cette nouvelle est truffée de références et de détails qu’elle seule peut comprendre, car j’ai lui ai personnalisé l’histoire le plus possible. Tu nous présentes ton recueil de défis littéraires « Mes petits chéris : Et autres défis », peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ? Comme je le dis plus haut, ce recueil regroupe des défis d’écriture. J’aime beaucoup relever ce genre de petits challenges, que je trouve très stimulants pour la créativité. Ça me permet aussi de me défouler un peu entre deux sessions d’écriture de mes romans, avec des histoires courtes et souvent loufoques. Par contre, je ne saurais pas dire d’où me vient cette idée de défis d’écriture. Vous pouvez retrouver Khalysta Farall sur Facebook. “Mes petits chéris” est disponible dans L’Indé Panda no3. Découvrez “Mes petits chéris : Et autres défis” sur Amazon.
Interview Khalysta Farall #2
Khalysta Farall ayant déjà répondu à une interview « classique », elle va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à elle. Si tu étais un style ou un genre littéraire ? Une creepy pasta ! Ne me demandez pas pourquoi, la réponse vous hanterait jusqu’à vous rendre fou. Si tu étais un art ? L’art de plier les serviettes en forme de maître Yoda. Si tu étais un livre ? « La quête onirique de Kadath l’inconnue » de H. P. Lovecraft. Le rêve, c’est toute ma vie. Si tu étais une émotion ? La surprise, parce que… SURPRISE ! Si tu étais un animal ? Une méduse. Pas de cœur, pas de cerveau, et pourtant… Toujours à flotter quelque part en cherchant quelque chose à boulotter. Si tu étais un végétal ? Une pivoine. Car selon mon mari, aux capacités complimentaires parfois discutables, je suis ronde et rose… Si tu étais un sens ? La vue, mais pas celle qui vous fait voir la réalité. Plutôt celle qui vous abreuve d’images totalement incohérentes dès que vous vous endormez. Merci Khalysta. Nous allons finir sur les deux questions habituelles concernant tes écrits découverts à ce numéro : Tu as été sélectionnée pour ce second numéro avec ta nouvelle « La belle retraite », peux-tu expliquer sa genèse ? J’adore me documenter sur tout un tas de sujets divers. Il y a quelques mois, j’ai regardé tout ce qui me passait sous la main sur la drogue et ses dérives. J’ai notamment vu tout un reportage sur des travailleurs thaïlandais qui prennent de la méthamphétamine afin d’augmenter leur productivité. C’est de là que m’est venue l’idée d’imaginer ce nouveau système de retraite, à grand renfort de pilules miracles. Tu nous présentes ton roman « Le vaisseau du Cristal », peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ? Une nuit, j’ai rêvé d’un homme à qui la vie avait tout volé. Véritable avatar de la colère et du désir de vengeance, je me souviens parfaitement m’être réveillée en ayant toujours à l’esprit son regard meurtrier. J’ai alors décidé d’écrire son histoire, en imaginant sa rencontre avec le seul être capable de lui offrir cette vengeance dont il rêve tant. Un être qui, sous ses airs de bête destructrice, représentera son seul espoir de salut. J’aime les personnages incompris, les faux-méchants, ceux que la vie a poussé à en venir à de telles extrémités. Mon Valhan, c’est un peu le fils de Végéta, de Loki ou d’Arcann. Vous pouvez retrouver Khalysta sur Facebook. « La belle retraite » est disponible dans L’Indé Panda n°2. Découvrez « Le vaisseau du Cristal » sur Amazon.
Interview Khalysta Farall
Au tour de Khalysta Farall de répondre à nos questions. Merci à elle. Tu as été sélectionnée pour ce premier numéro avec ta nouvelle « Le Monolithe », peux-tu expliquer sa genèse ? Comme pour beaucoup de mes histoires, ça me vient d’un rêve que j’ai fait. Le matin dès le réveil j’ai noté les éléments qui me restaient et quelques temps plus tard, j’ai repris ces éléments pour construire la nouvelle. Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ? Je dirais que je suis plus à l’aise dans la science-fiction et dans l’horreur-fantastique, car j’en ai beaucoup lu. J’aime parler d’autres mondes, imaginer des explorations et des expéditions, des entorses aux lois naturelles… Mais j’aime aussi me concentrer sur le côté humain de ces aventures, sur comment les personnages vivent ces situations extraordinaires. Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ? Alors ma toute première histoire, je m’en souviens bien, c’était « Le roi des gargouilles », et ça racontait l’histoire d’une petite fille qui enquêtait sur la disparition des enfants de son village, kidnappés par le terrifiant Roi des Gargouilles. Je l’ai écrite quand j’étais en 4ème en cours de français pour un sujet de composition libre, d’après un cauchemar que je faisais régulièrement. J’avais adoré ça et je me souviens m’y être beaucoup investit. Par la suite, je me suis mis à écrire régulièrement. Quel est ton rythme d’écriture ? J’écris presque tous les jours. Si ce n’est pas pour avancer un roman, c’est pour une nouvelle ou un défi d’écriture, ou encore une correction d’un vieux texte que j’ai laissé de côté. Quand je suis sur un roman, on va dire que je tourne à 3000 mots par jours (soit entre 2 et 3h). Sinon, j’en fais à peu près la moitié. . Comment construis-tu ton travail ? Une fois que l’idée est née, je la note dans un cahier. Par la suite, je vais écrire dans ce cahier toute l’histoire le plus simplement possible, avec les grandes étapes et les détails importants. Puis je laisse tout de côté pour travailler sur autre chose. Et quand j’y reviens, je relis ce que j’ai écrit et je me mets à travailler, en me laissant porter par l’écriture (qui parfois m’amène dans des scénarios que je n’avais pas prévu à la base). Plutôt nouvelle ou roman ? Spontanément, je dirais nouvelles. C’est la forme que je préfère lire et dans laquelle je suis le plus à l’aise pour écrire. Mais beaucoup des histoires que je veux raconter ne tiendraient pas dans cette forme, alors je bosse aussi beaucoup le format roman. Pourquoi être indépendante ? Je suis avant tout mère au foyer et contrairement à la croyance populaire, ma journée ne m’appartient pas. Etre indépendante me permet de travailler à mon rythme, sans trop de pressions. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ? Pouvoir avoir le contrôle de son travail, même si ça demande beaucoup plus de temps. Ca peut paraître très égocentrique (et dans le fond, ça l’est un peu), mais je veux être la seule à décider. Je reçois beaucoup d’avis, notamment de mes deux correctrices, de mon mari et de quelques amis qui me servent de bêta-lecteurs, et je prends toujours ces avis en compte. Mais la décision finale me revient, car mes livres, ce sont mes bébés. Peut-être que je me trompe, mais un éditeur conseillera quant à lui ce qui permettra à un livre de se vendre mieux (après tout c’est son métier). Mais même si ça me fait plaisir de gagner un peu grâce à mes livres, ils ne sont pas des objets de consommations qui obéissent à un cahier des charges. A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ? Le temps que ça me prend. La correction, l’édition, la promotion… autant de tâches qui me bouffent tout mon temps libre. Quel type de lectrice es-tu ? Je lis énormément de nouvelles, c’est ce que je préfère. Mes petits préférés (sans grande originalité) sont Philip K. Dick et Howard P. Lovecraft. Mais aussi Robert E. Howard, Clark A. Smith… Tout ceux qui peuvent me faire voyager en peu de mots. Dans ce numéro 1 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Six : Les moissonneurs stellaires I », peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspirée ? Six, c’est un rêve que j’ai pendant que j’étais enceinte. Je venais de terminer de regarder la série « Ergo Proxy » et je me suis mise à rêver d’un droïde géant qui me suivait partout, et d’une jeune fille amnésique qui avait été témoin d’un évènement terrible. Comme dit plus haut, en me réveillant j’ai tout noté, et quelques jours après je me suis dit que ça pourrait faire une bonne histoire. Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ? Personnellement, un défi. Et j’aime les défis. Mais plus généralement, je me suis dit que c’était une très bonne idée et que ça serait un très bon moyen pour nous, pauvres Indés, de nous faire connaître en offrant un échantillon de notre écriture. J’en profite d’ailleurs pour remercier toute l’équipe du temps qu’elle consacre à ce super projet. Question bonus posée par notre lecteur, Bouffanges, sur notre page Facebook : « Dans quelle mesure cette nouvelle est-elle inspirée de « 2001, l’Odyssée de l’espace » ? Quels autres romans ou films t’ont inspirée (Interstellar, Donnie Darko…) ? » J’imagine que beaucoup ont tout de suite pensé au film « 2001, l’Odyssée de l’espace » à cause de mon appellation « monolithe ». Je suis vraiment navrée de vous apprendre que… je n’ai jamais vu ce film (honte à moi, je sais). Cependant, il y a deux excellents films qui m’ont fortement inspirés : le premier c’est « Sphère » de Barry Levinson et le second, « Triangle » de Christopher Smith (qui est à mon sens un très, très bon film). Comme pour presque tout ce que j’écris, « Le monolithe » me vient d’un rêve que je me suis empressé de noter dès le réveil. Mais je ne peux