Interview Iléana Métivier #2
Iléana Métivier ayant déjà répondu à une interview « classique », elle va se prêter au jeu du portrait chinois. Merci à elle. Si tu étais un style ou un genre littéraire ? La fantasy. Un monde à part, où tout est possible tant qu’on ose l’imaginer ! Si tu étais un art ? L’écriture ! De celles qui touchent le cœur et font voyager l’âme. Si tu étais un livre ? Charlotte de David Foenkinos.Un bouquin dévoré en un après-midi tant j’ai retenu mon souffle à chaque ligne. Si tu étais une émotion ? La joie ! J’affinerai même en précisant la joie de vivre, indispensable à mon sens surtout en cas de tempête dans nos vies ! Si tu étais un animal ? Une licorne, pour faire plaisir à ma fille. Si tu étais un végétal ? Une rose, orange liserée de jaune et de rouge.Il y a un rosier de ce type dans mon village, je peux contempler ses fleurs de longues minutes. Si tu étais un sens ? Le toucher. Un sens capable d’autant de sensualité que de violence. Je trouve qu’il reflète bien le paradoxe qu’abrite chaque être humain. Merci Iléana. Nous allons finir par quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro : Tu as été sélectionnée pour ce 12e numéro avec ta nouvelle La prochaine sera nôtre, peux-tu expliquer sa genèse ? Gaïa et Clément, les personnages, viennent me « visiter » régulièrement depuis quelques années. J’ai commencé à écrire leur lien si atypique dans la nouvelle « Je te vois ». Je voulais m’essayer à l’écriture à la deuxième personne du singulier, que je trouve très belle si elle est correctement utilisée. Et puis Gaïa est revenue toquer à la porte de mon esprit et la nouvelle « Perceptions » est née. De là, j’ai eu l’idée de raconter cette histoire par petit bout, ici ou là, pour montrer la force de l’amour, ce sentiment qui peut nous aider à surmonter la pire épreuve qui soit : perdre celui ou celle qu’on aime.Je précise que toutes mes nouvelles sont en lecture libre sur mon site et téléchargeable sur à peu près tous les sites habituels. Tu nous présentes ton roman Terre noyée – Tome 1 : L’Élite, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ? Ma trilogie Terre noyée mêle dystopie et fantastique, deux genres que j’affectionne particulièrement et que je regrettais (en tant que lectrice) de ne pas trouver unis dans un même bouquin ! Je n’avais plus qu’à me retrousser les manches et lancer mon imagination ! Saupoudrez le tout par de l’écologie, de la romance et de l’action et vous obtiendrez Terre noyée. Pour finir, peux-tu me parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ? 2023 sera l’année de publication de ma romance historique (qui n’a pas encore de titre !) Pour le moment, j’attaque les corrections.J’aime m’essayer à différents genres littéraires, ce qui explique la diversité de mes écrits. N’hésitez pas à venir discuter sur mes réseaux ou par mail. Et pour les plus curieux et curieuses, je vous donne rendez-vous sur mon site pour lire, lire et lire encore !À bientôt,Iléana Découvrez La prochaine sera nôtre dans L’Indé Panda n°12. Lisez Terre noyée – Tome 1 : L’Élite sur Amazon, Kobo ou La librairie Jeunes Pousses Suivez Iléana Métivier :
Interview Iléana Métivier
Iléana a accepté de répondre à quelques questions, merci à elle ! Tu as été sélectionnée pour ce quatrième numéro avec ta nouvelle Baume au cœur, peux-tu expliquer sa genèse ? Baume au cœur est parti d’un constat qui m’est propre : j’ai plusieurs fois été témoin d’agressions verbale ou physique dans des lieux publics. Le plus souvent, je suis intervenue (pas évident du haut de mon mètre soixante !), mais la dernière, je n’ai rien dit. Pourquoi ? Parce que j’étais la seule femme dans un bus traversant une ville déserte à 6 heures du matin. Un homme s’est moqué du chauffeur. Ça a été un mot, pas plus, malgré tout, je m’en veux encore aujourd’hui de m’être tue. Il y a aussi la part de moi qui a essuyé plus d’une fois des paroles graveleuses de la part d’hommes malintentionnés. J’ai parfois répondu, d’autres fois non, en sachant d’avance que je ne voulais pas rentrer dans un échange malsain qui arriverait forcément… Avec Baume au cœur, je voulais simplement transmettre les émotions des deux parties : il faut du courage pour répondre à son agresseur. Et il en faut aussi pour être solidaire. Malgré ça, vous et moi, on sait à quel point ça soulage ! Garder la tête haute sous les insultes ou tendre la main à une personne dans le besoin est bénéfique pour l’âme, et pas que la nôtre ! Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ? J’écris principalement de la littérature blanche, aussi appelée littérature contemporaine. J’aime construire des personnages avec leur propre passé, leurs blessures et leurs caractères, pour livrer certains passages-clefs de leur vie. Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ? J’avais huit ou neuf ans et elle parlait d’un nuage, du soleil et du vent. Je vous passe les détails, hein ! Quel est ton rythme d’écriture ? Très, trop irrégulier en ce moment. Mais c’est les aléas de la vie, ça ! =) Quand je ne suis pas débordée, j’écris presque tous les jours. Et quand je n’écris pas, je construis mes histoires dans ma tête. Heureusement, je continue à rêver et me creuser les méninges même quand je suis overbookée !!! Comment construis-tu ton travail ? J’adore les carnets de type Moleskine et le « gratte-gratte » du stylo-plume sur le papier. Avec ces deux objets, je construis tout : les fiches des personnages, les plans des lieux, les points forts et les messages du récit… À côté de ça, je scotche plusieurs feuilles A4 les unes à la suite des autres et je me lance dans mon plan. C’est un joyeux fouillis de flèches, de couleurs et de mots-clefs, mais je m’y retrouve au moment voulu et c’est là l’essentiel ! Mais avant de coucher tout ça sur des pages et des pages, j’en rêvasse. Parfois durant des mois… Plutôt nouvelle ou roman ? Il y a quelques mois, je me serais écriée « roman ! » Aujourd’hui, j’apprécie les deux. J’aime le long travail et l’engagement que demande un roman. Et j’adore me ménager des petites pauses avec des nouvelles ! Ce que j’aime dans la nouvelle, c’est tout ce qu’il me reste à apprendre dans ce style littéraire. Ce format-là est un vrai challenge pour moi : esquisser un univers et des personnages en quelques mots, et faire passer malgré tout de puissantes émotions… c’est plus difficile qu’il y parait ! Pourquoi être indépendant ? En fait, je suis une auteure hybride. C’est-à-dire que mon premier roman Seconde Chance a été publié cette année dans une maison d’édition traditionnelle, mais ma première nouvelle La maison abandonnée est autoéditée (comme le sera L’Éveil, mon prochain roman). C’est l’appel de la liberté qui m’a guidée ! Même si je m’entends bien avec mes éditrices, j’ai voulu me lancer dans une autre aventure. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ? Réfléchir sur le moindre détail des « à-côtés » inhérents à chaque ouvrage et prendre les décisions finales. Et puis, il y a aussi la super communauté d’Indés, pleine d’entre-aide et de motivation ! À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ? La visibilité. Mais honnêtement, c’est valable pour les petites maisons d’édition également ! Quel type de lecteur es-tu ? Du genre passionné ! Je tiens d’ailleurs un blog de chroniques littéraires avec une amie : Ma boîte de Pandore. Il est très rare que je passe une journée sans ouvrir mon bouquin du moment… À ce stade, on peut parler de drogue, j’avoue. Dans ce numéro 4 de L’Indé Panda, tu nous présentes ta nouvelle La maison abandonnée, peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ? La perte d’êtres chers, bien sûr. Mais surtout, les trésors de volonté que nous, êtres humains, sommes capables de développer alors que notre monde s’est effondré. Cette nouvelle, c’est un hymne à la vie et aux Arts (l’écriture et le graffiti). Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ? Une sacrée aventure avec une équipe en coulisse atteinte d’une douce folie. Ce sont des heures de travail bénévoles, mais une satisfaction sans égale à chaque nouvelle parution. Merci ! Voici la question bonus posée par Jeanne Sélène sur notre page Facebook : « Le harcèlement de rue est heureusement de plus en plus dénoncé. Par quels mécanismes penses-tu que nous pourrons y mettre un terme (ou tout du moins y mettre un grand frein) ? » Par la connaissance, assurément. Informer la population, peu importe l’âge ou le sexe. Je pense que le respect est une base pour tous les êtres humains et il s’apprend tout le temps, tous les jours. Il y a aussi la part de développement spirituel qui joue, selon moi, un rôle important dans les incivilités et les violences « quotidiennes », qui par cette appellation en deviennent presque banalisées. Une personne qui se respecte et se sent bien dans sa peau ne cherche pas à agresser les autres. Pour les mécanismes à mettre en place, il y en a plusieurs, qui correspondent plus ou moins à la personne en fonction de ses blessures passées (selon moi !). La