Interview Ghaan Ima
Au tour de Ghaan Ima de répondre à nos questions. Merci à elle. Tu as été sélectionnée pour ce premier numéro avec ta nouvelle « Celui qui protège », peux-tu expliquer sa genèse ? C’est la Pashka-story 😉 Bref, c’est un événement significatif du passé de l’héroïne de mon roman : « Mira, La bataille de l’Eau. ». Je l’ai écrite pour l’occasion, car cet appel à texte faisait partie de mon challenge personnel : « 10 nouvelles en un été ». Ce fut épique et je suis heureuse que cette nouvelle ait été sélectionnée. Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ? Déjà, il me faut de l’imaginaire, beaucoup, parfois trop. Je tire mon inspiration des mangas et des jeux vidéo et certains univers graphiques sont très durs à rendre en quelques mots. Après, j’aime tous les genres de la SFF et surtout j’adore les hybrider entre eux. De même, je mélange la romance avec de l’action explosive. C’est peut-être une erreur stratégique en tant qu’écrivain mais je déteste me limiter. Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ? Ah… ma première histoire, je la rêvais. J’avais dans les 10 ans et j’imaginais une fille chat qui libérait les animaux de laboratoire. L’imagination est une échappatoire encore aujourd’hui. Mes premières véritables histoires, je les ai inventées en live pour mes nièces, pour des enfants en centres aérés… Je me souviens d’une histoire SF avec laquelle j’ai tenu tout un bus de terreurs de Belleville tranquilles pendant 2 heures. ^-^ J’ai encore ces contes sur un cahier. Et puis un matin j’ai eu un ordinateur… Quel est ton rythme d’écriture ? Cela dépend. Je peux écrire assez vite lorsque je suis en transe berserk. Malheureusement, la vie ou peut-être mon côté chaotique m’a toujours empêché d’avoir un rythme régulier. C’est à ça que servait mon récent challenge d’écriture. Ces nouvelles à la chaîne devaient me créer une méthode de travail. Comment construis-tu ton travail ? En période créative, je passe bien deux heures par jour à l’écriture, mais je n’écris pas deux heures. Poser les mots sur le papier est la partie la plus simple finalement, il suffit d’avoir un bon casque et une bonne playlist. Avec l’expérience, la majeure partie du travail s’est déplacée vers l’amont et une grande part de ce que j’écris ne sera jamais à l’écran. Ce sont mes fiches univers, mes fiches personnages et mes backstories. Oui, même pour une nouvelle de 10 000 signes, il m’arrive d’écrire plus de 5 000 mots de contexte 😉 J’ai bousillé plusieurs histoires en ne travaillant pas assez en amont. Je ne recommencerai plus. Plutôt nouvelle ou roman ? Il y a trois mois, j’aurais dit sans hésiter : plutôt roman. Et il y a deux ans, j’étais plutôt « saga en 15 tomes ». Aujourd’hui, j’apprécie vraiment la nouvelle, pour peu qu’elle fasse plus de 10 000 signes. On peut enchaîner les univers et entrainer le lecteur dans les émotions des personnages. Trop court et on ne peut pas créer d’émotion. Trop long et… bon, c’est long avant de voir le bout de son projet. Pourquoi être indépendante ? Parce que je suis rancunière. J’ai jamais digéré que 10 maisons d’édition aient refusé mon premier roman avec des lettres types. Bien sûr, moi-même, je ne relirais jamais ce manuscrit, il est trop pourri. Mais quand même, ce snobisme m’a blessée et j’ai mis des années avant de réussir à mettre le mot fin sur un projet. Lorsque j’ai enfin réussi à finir quelque chose (une histoire de chat dragon), je n’ai pas pensé aux maisons d’édition. Idem pour Mira. Amazon semblait être le Graal. De plus je revenais de Montréal où j’avais travaillé avec des studios de jeux vidéo indépendants. Alors moi-aussi je voulais être « indie ». Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ? La totale liberté sur son produit livre. Il n’y a qu’à regarder la couverture de « Mira, la Bataille de l’eau » pour comprendre à quel point je me suis fait plaisir (merci à Laure Ngo/Mistral et à Gaëlle Merlini ^-^). De plus, dans la version papier, j’ai mis des illustrations des personnages comme dans un manga 😉 Par contre, un éditeur m’aurait gentiment prévenu qu’une couverture BD au rayon romance n’avait aucune chance de se vendre. Mais une « romance/ anticipation politique/ super pouvoirs », aucun éditeur ne l’aurait acceptée donc… le problème ne se pose pas ! A l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ? Au début, j’avais des étoiles dans les yeux : *-* « Je vais être indie ! » *-* Mais j’ai vite compris qu’Amazon ce n’est pas la panacée, qu’un livre ne se vend pas tout seul et que tout faire de A à Z sur un roman c’est la meilleure façon de ne plus avoir le temps d’écrire. Alors je vais tenter Librinova pour me débarrasser de tout cela. Sérieusement, aujourd’hui, j’ai envie d’écrire, pas de faire mes couvertures, pas de gérer la mise en ligne, etc. Cependant, je sais bien que le monde de l’édition a changé. Le plus court chemin pour être édité reste de mettre ses histoires sur Amazon et sur Wattpad et de se constituer une communauté de lecteurs. Mais le plus court chemin pour vivre de sa plume n’est pas d’être édité… Bref. Quel type de lectrice es-tu ? Le type méchant. Si dans les dix premières lignes le roman ne m’a pas accroché, je le jette au feu. Mais je suis aussi très fidèle. Lorsque je découvre un auteur que j’aime, je ne le lâche plus avant d’avoir épuisé tout ce qu’il a écrit. En vrai, je suis une empath. Je m’attache aux personnages et j’ai besoin d’émotions. Dans ce numéro 1 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Mira, la Bataille de l’Eau », peux-tu me raconter un peu ce qui t’a inspirée ? Dune. Akira. Peach girl. Débrouillez-vous avec ça ! 😉 Sérieusement, Dune est une des plus grandes fresques de la SF, le livre de chevet de mes 14 ans. Ce livre m’a inspiré mon pseudo et m’a portée dans pas mal de