Natacha ayant déjà répondu à une interview « classique », à un portrait chinois et à une foule d’interrogation sur ses habitudes de lecture sous le nom de plume Zia Odet, elle nous dévoile à présent tous ses secrets d’écrivain… Merci à elle !
As-tu des sources d’inspiration particulières ?
La vie, tout simplement. Les rencontres, la nature, les petits moments du quotidien, les émotions et les pensées qui bouillonnent dans mon cerveau (je n’ai toujours pas trouvé l’interrupteur).
Des habitudes « spéciales écrivain » ?
J’aime écrire pour moi le matin, quand j’ai l’esprit clair. Puis, je fais une pause café (la récompense) avant de commencer ma journée d’écrivain biographe.
Dois-tu consommer des psychotropes pour écrire ? Si oui, lesquels ?
Café et chocolat noir, le duo gagnant !
Es-tu du genre à écrire toute la journée en robe de chambre et à te laver une fois par semaine ?
Non, j’aime bien prendre ma douche avant de m’installer devant mon ordinateur. Je me sens plus dynamique. Toutefois, en fin de projet, je peux passer une journée entière sur mon manuscrit, travailler la nuit pendant une insomnie, oublier de manger et perdre la notion du temps, surtout pendant la phase finale de relecture-correction.
As-tu un stylo fétiche ?
J’écris mes manuscrits au clavier. Mais j’ai sur mon bureau une série de stylos qui ont chacun un usage bien précis. Les deux que j’utilise le plus sont : un feutre noir à pointe fine pour écrire dans mon agenda, et un stylo Bic noir fin (à corps orange) pour prendre des notes lorsque je suis en entretien avec mes clients. Si l’un d’eux disparaît, je suis perdue.
Que préfères-tu dans l’écriture ?
J’aime l’idée d’encrer sur le papier une histoire de vie réelle (biographie, témoignage) ou imaginaire. L’écriture est un outil puissant. En tant qu’écrivaine biographe, j’aime écouter mes clients me raconter leur vie, agencer les idées, structurer les chapitres, afin de créer un objet unique, agréable à lire. Chaque livre est un trésor : il procure des émotions aux lecteurs et lectrices, il transmet des souvenirs et il vient ensuite enrichir les étagères de la bibliothèque familiale. C’est une clé vers l’éternité.
Y a-t-il une chose que tu détestes par-dessus tout dans l’écriture ?
Les coquilles, qui se glissent de façon sournoise dans un manuscrit. Je suis perfectionniste, donc je voudrais que chaque livre soit parfait. Malgré mon œil de lynx, il y en a toujours une ou deux qui échappent à ma vigilance. Les coquines !
As-tu déjà été frappée du syndrome de la page blanche ? Le redoutes-tu ?
J’arrive assez facilement à me lancer dans l’écriture. Mais, parfois, un blocage survient et le projet n’avance plus. Il faut trouver des stratégies pour relancer la machine. C’est ce que je redoute le plus. J’y ai été confrontée notamment pour mon autobiographie. Certains passages de ma vie ne sont pas faciles à écrire…
As-tu une méthodologie particulière pour écrire ?
J’essaie d’être régulière, de travailler chaque jour sur mon projet, même si je n’écris pas (parfois, je relis un passage, je réfléchis à la suite de l’histoire, je note des idées…). Je me fixe des objectifs précis, un but à atteindre : une date pour avoir terminé le premier jet, par exemple.
Merci Natacha. Nous allons maintenant te poser quelques questions concernant tes écrits découverts dans ce numéro :
Tu as été sélectionnée pour ce quatorzième numéro avec ta nouvelle Sa bouche en chocolat, quelle est sa genèse ?
C’est une histoire que j’avais en tête depuis longtemps, car elle est inspirée de mon quotidien de maîtresse d’école. Le jeune héros, Jordan, ressemble à un élève que j’ai eu dans ma classe de CP pendant deux ans. Je me suis attachée à lui et j’ai essayé de lui apprendre à lire, comme à tous mes autres élèves. Mais j’ai compris que le défi est bien plus grand pour lui que pour ses camarades, parce qu’il vivait à la maison des situations qu’aucun enfant ne devrait avoir à vivre.
Tu nous présentes ton guide de la reconversion des profs : Profs évolution, peux-tu nous raconter ce qui t’a inspirée ?
Profs évolution est la troisième version du guide de la reconversion. Ce fut d’abord un ebook Kindle, que j’ai créé en septembre 2022, juste après avoir quitté l’Éducation nationale. Je voulais regrouper dans un livre toutes les informations utiles pour aider les enseignants qui envisageraient, comme moi, de changer de métier. L’année suivante, le guide est devenu un livre papier, avec une préface de Florence Amaudru, la créatrice du podcast Avant j’étais prof. Puis nous avons décidé, dans la troisième édition, d’ajouter des témoignages de profs qui ont réussi à changer de métier.
Pour finir, peux-tu me parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ?
Je travaille actuellement sur mon autobiographie : en mars 2025, je me suis donné 300 jours pour raconter ma vie et transformer les 25 cahiers de mon journal intime en livre imprimé. Pour celles et ceux qui souhaiteraient suivre ce projet, j’en parle chaque mois dans la FiliaLettre, ma newsletter d’écrivaine biographe. J’y donne également des conseils aux personnes qui souhaitent écrire ou faire écrire leur biographie. Pour vous abonner, rendez-vous sur mon site, filiaplume.fr (vous trouverez le formulaire tout en bas de la page d’accueil).
Pour en savoir plus, rendez-vous sur :