Interview Fred Roigoon

Fred a accepté de répondre à nos questions. Merci à lui !

Tu as été sélectionné pour ce quatorzième numéro avec ta nouvelle Ce que je sais de vous, peux-tu expliquer sa genèse ?

Lors d’un voyage en TGV en première classe, dans un wagon majoritairement masculin, j’ai levé les yeux de mon ordinateur au passage d’une jeune femme dans l’allée. En voyant que tous mes voisins faisaient de même, un sentiment de honte m’a traversé. Une fois dissipé, des questions sur la condition masculine m’ont interpellé. De cette réflexion est née cette histoire.

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

À l’aise dans le mystère, j’aime démêler des énigmes apparemment inextricables pour en offrir une explication rationnelle. J’apprécie également de proposer une double lecture à ceux qui souhaitent approfondir leur réflexion.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Après avoir reçu un courriel mystérieux qui ne m’était pas destiné, j’ai imaginé une correspondance avec une personne vivant dans un futur proche. Cette personne me sollicitait pour accomplir une mission. Ainsi est né mon premier roman : La vengeance de Marie-Antoinette.

Quel est ton rythme d’écriture ?

Trop irrégulier, malheureusement. Je manque de discipline, accaparé par les tentations culturelles de la vie parisienne.

Comment construis-tu ton travail ?

Pour mes romans, je pars d’une trame mentale que j’enrichis avec des personnages et des lieux que j’ai connus. Puis, à un certain point, un basculement s’opère : lorsque les personnages prennent assez d’ampleur, ils influencent ma pensée et orientent l’histoire. Dès lors, je ne suis plus seul à écrire, et c’est une sensation des plus agréables.

Pour mes nouvelles, je démarre avec une idée et me lance dans une écriture automatique. Ensuite, j’affine le style en fonction des contraintes imposées par l’exercice. J’efface beaucoup.

Plutôt nouvelle ou roman ?

 Les deux mon capitaine.

Pourquoi être indépendant ?

J’ai été édité deux fois par des petites maisons et je n’ai pas été satisfait par le résultat. Du coup, j’ai pris le taureau par les cornes et me suis lancé dans l’autoédition.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

Un grand plaisir à fabriquer l’objet livre de A jusqu’à Z, mais surtout la liberté d’écrire ce que je veux à un rythme que personne ne m’impose.

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Ce fameux rythme que personne ne m’impose (voir plus haut l’inconvénient des tentations parisiennes.) Plus sérieusement, me vendre, faire de la publicité, parler de moi, en résumé, tout ce que l’on appelle la promotion.

Quel type de lecteur es-tu ? 

J’aime autant les romans noirs que la belle littérature. Je lis toujours deux ou trois romans en même temps plus un roman audible que j’écoute quand je cours ou quand je fais du ménage (et non, il n’y a pas que le culturel, dans ma vie).

Dans ce numéro 14 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman Sa meilleure ennemie, peux-tu me raconter ce qui t’a inspiré ?

Passionné d’aviation, j’ai découvert ces aviatrices à travers un reportage. Fasciné par leur courage et leur indépendance, j’ai approfondi mes recherches et constaté le manque de ressources en français à leur sujet. J’ai alors rassemblé de nombreux documents étrangers et écrit ce roman inspiré de leur biographie.

Dis-moi, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Un journal. Une communauté. Un groupe de passionnés.

Pour finir, peux-tu me parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ?

J’aime tant mes personnages que j’éprouve le besoin de les retrouver. Pour la première fois, je me lance donc dans la suite d’un roman d’espionnage. Alors que le premier tome explore un complot terroriste exploitant l’image de Jésus à des fins funestes, le second met en scène les mêmes protagonistes dans une intrigue totalement inédite, pouvant être lue indépendamment du premier opus.

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