Interview Nolwenn Prod’homme

Nolwenn a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle !

Tu as été sélectionnée pour ce treizième numéro avec ta nouvelle Draconef peux-tu expliquer sa genèse ?

Bien sûr ! À l’origine, j’ai écrit cette nouvelle pour un appel à texte sur le thème des transports ; l’idée d’un dragon utilisé comme transport en commun a émergé alors que je réfléchissais à l’AT, et l’univers s’est construit à partir de ça. J’ai eu la joie d’être sélectionnée pour paraître dans l’anthologie ; la suite de cette première expérience de publication n’a malheureusement pas été très positive, mais cette nouvelle et l’univers qui y est associé restent chers à mon cœur.

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

J’écris beaucoup pour les enfants, sans doute parce que j’ai travaillé pendant plusieurs années à leur contact. Autrement, j’écris surtout de la gaslight fantasy – j’aime beaucoup l’esthétique steampunk, mais je préfère inventer mes propres univers.

Parmi les thématiques qui reviennent souvent dans mes histoires, il y a les relations humaines, en particulier les relations familiales et l’amitié, ainsi que la découverte de l’autre, avec tout ce que ça implique en termes de choc des cultures et d’acceptation des différences. Et j’ai aussi une certaine tendance à glisser des doudous un peu partout…

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Vers l’âge de huit ans, suite à la découverte de La petite maison dans la prairie. On regardait la série en famille, et mes parents ont commencé à m’acheter les livres. Quand j’ai réalisé que la petite Laura dont je dévorais les aventures avait vraiment existé, et que c’était elle qui avait écrit son histoire, j’ai décidé de devenir comme elle. C’est de là que me viennent aussi bien ma passion pour l’écriture que mon affection pour la mode du XIXe siècle…

Ma première histoire, c’est celle de deux enfants capturés par des lions parce qu’ils ont malencontreusement découvert leur cachette ; c’est l’idée de base qui a plus tard donné naissance à mon premier roman.

Quel est ton rythme d’écriture ?

À peu près celui d’un escargot asthmatique, je dirais… Je suis du genre très lente, la grosse difficulté étant que dès que je me fixe la moindre contrainte (un nombre de mots à écrire, une certaine régularité à respecter, une date butoir…), cela me bloque et je n’avance plus du tout. J’essaie de travailler sur ça pour ne pas faire attendre mes lecteurs trop longtemps pour la suite…

Comment construis-tu ton travail ?

Je suis plutôt une architecte ; j’aime bien créer un plan plutôt détaillé avant d’écrire – mais tout en gardant de la souplesse pour les idées qui ne manquent pas de surgir en cours d’écriture et de tout remettre en question. Contrairement à beaucoup, je n’aime pas trop l’étape du premier jet ; je trouve très laborieux de sortir l’histoire du néant pour la coucher sur le papier, et avoir un plan déjà défini m’aide un peu à dépasser ça. Mais ce que je préfère, ce sont les corrections : la matière est là, et n’attend plus que moi pour que je la peaufine jusqu’à être satisfaite du résultat.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Roman ! J’ai beaucoup de mal à faire court… J’aime bien écrire des nouvelles de temps à autre malgré tout parce que ça permet de s’amuser en testant des idées sur des projets plus courts.

Pourquoi être indépendante ?

Principalement pour pouvoir être maître de mon temps ; je n’aime pas dépendre du planning des autres, et ma santé étant relativement fragile, j’ai besoin de pouvoir moduler mon activité au jour le jour en fonction de mon niveau d’énergie. En plus, je suis très curieuse, et j’aime faire les choses par moi-même.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

J’aime le fait d’être la seule décisionnaire ; non seulement j’ai écrit l’histoire, mais c’est aussi moi qui ai choisi la couverture, fait la mise en page, décidé du prix, etc. C’est un sentiment très gratifiant.

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

La communication, pour faire connaître mon livre ; c’est difficile de savoir quoi dire, comment le dire pour essayer de toucher de nouveaux lecteurs.

Quel type de lectrice es-tu ? 

Plutôt irrégulière… Je suis capable de lire trois romans en une seule journée, puis de rester deux semaines sans ouvrir un livre. C’est très dépendant du temps dont je dispose, de mon humeur, etc.

En général, je lis surtout de la fantasy et de la science-fiction, ainsi que du cosy mystery, mais j’essaie de m’ouvrir un peu à d’autres genres…

Dans ce numéro 13 de L’Indé Panda, tu nous présentes le premier tome de Zoocratie : Le frère des lions, peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ?

Il s’agit d’une reprise de la toute première histoire que j’avais commencé à écrire, à 8 ans. Dans cette histoire, les lions parlaient, juste parce que c’était comme ça, et à l’adolescence, après de multiples recommencements, je l’ai abandonnée parce que je trouvais ce concept trop « bébé » ; je voulais écrire des trucs sérieux !

Quelques années plus tard, c’est une conversation avec mes frangines qui a été le déclencheur. Alors que nous évoquions nos souvenirs d’enfance, cette histoire est revenue sur la table, et l’une de mes sœurs s’est exclamée en riant : « Je sais pourquoi ils parlent, tes lions ! Ils ont mangé des OGM ! » Nous en avons ri, mais au fond de moi ça a fait tilt ; six mois plus tard, le premier jet de mon roman avec des lions génétiquement modifiés était rédigé.

Dis-moi, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

C’est d’abord un chouette magazine avec toujours des nouvelles de qualités et de belles plumes à découvrir. Et de plus en plus pour moi, c’est aussi une communauté d’auteurs autoédités qui se soutiennent mutuellement pour aider à faire connaître leurs ouvrages et se sentir moins seuls face à leurs difficultés.

Pour finir, peux-tu me parler de ton actualité ? Une sortie récente, un projet sur lequel tu travailles ?

Je suis en train de finaliser un mini-roman à quatre mains – ou plus exactement, deux mains et quatre pattes – en collaboration avec mon chat Milky ! On y suit les aventures d’un jeune chat apprenti cuisinier qui décide de chasser le dragon pour tenter de gagner un concours de cuisine… Le premier jet a été publié sur mon profil Instagram, mais très prochainement la version finale sera diffusée aux abonnés de la Miaoussive de Milky, la newsletter de mon chat. Affaire à suivre !

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