Interview Fanny Crubellier

Fanny a accepté de répondre à nos questions. Merci à elle !

 

Tu as été sélectionnée pour ce neuvième numéro avec ta nouvelle « Résilience », peux-tu expliquer sa genèse ?

Résilience est une nouvelle inspirée de mon travail auprès de personnes psychotraumatisées. Beaucoup ont vécu des traumatismes sexuels. Cette nouvelle m’a été inspirée par un homme en particulier, qui ne m’a confié qu’une phrase ou deux, derrière lesquelles beaucoup d’histoires pouvaient se dissimuler.

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Je parle beaucoup des thèmes que je rencontre dans mon travail à l’hôpital. Je crois que j’ai besoin d’extérioriser une part des émotions que je reçois, j’ai besoin de les exprimer à mon tour, pour ne pas étouffer. J’aime apporter à mes histoires des notes de résilience, dans l’espoir que le lecteur en retire quelque chose de positif, même quand les thèmes traités sont très sombres.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

J’ai commencé à écrire à l’âge de huit ans… suite à un malentendu avec ma maîtresse de CM1. Elle a cru que j’écrivais des livres, alors, pour ne pas la décevoir, j’en ai écrit un. Elle me relisait et me corrigeait. Ma toute première histoire était bien sûr très enfantine, plutôt dans un esprit d’enquête (je n’irai pas jusqu’à parler de roman policier).

Quel est ton rythme d’écriture ?

Très variable selon les périodes ! J’ai souvent passé plusieurs mois sans écrire. Ça se régularise petit à petit depuis quelques années. En ce moment j’écris toutes les semaines, mais pas tous les jours. Une nouvelle par mois c’est plutôt un bon rythme pour moi.

Comment construis-tu ton travail ?

Souvent, l’idée se forme peu à peu sans rédiger de plan ni de synopsis. Je rédige ensuite le texte, parfois dans l’ordre (plutôt d’une traite), parfois dans le désordre (plutôt de façon morcelée). J’accorde beaucoup de temps aux diverses relectures-réécritures.

Plutôt nouvelle ou roman ?

J’ai commencé par les romans, et puis depuis quelques années je me mets aux nouvelles. J’ai des difficultés à terminer un texte long, parce qu’étant trop perfectionniste je recommence indéfiniment au début. Les nouvelles me permettent de travailler un ensemble fini et cohérent. Cependant, j’ai toujours deux projets de roman qui s’affinent et que je ne souhaite pas abandonner.

Pourquoi être indépendant ?

C’était un choix temporaire, lié aux circonstances. J’ai publié un petit recueil de nouvelles à une période de ma vie où j’avais peur de peu à peu me laisser éloigner de l’écriture. Je ressentais le besoin de mener un projet à son terme, de le voir naître sur papier. Comme c’était un objectif personnel bien plus qu’un souhait de diffusion large, l’autopublication me semblait correspondre (via le site lulu.com).

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

J’ai aimé le fait que ce livre m’appartienne entièrement et que je puisse, si je le souhaitais un jour, décider de changer les textes ou même les supprimer. J’ai aussi aimé créer moi-même le livre en question, décider du format, de la couverture, de la mise en page, voir naître l’objet.

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Comme dit plus haut, le côté personnel de ce projet fait que je l’aborde peut-être différemment d’autres auteurs indépendants. Je n’avais pas d’ambition particulière, alors je n’ai pas eu de déception. Je pense toutefois qu’il me manque un échange, un dialogue avec quelqu’un qui poserait un regard externe sur mon projet. Pour ce recueil-ci, ça me convenait parfaitement. Je referai peut-être les mêmes choix pour des projets similaires, tandis que pour d’autres, je serais heureuse de passer par un éditeur traditionnel.

Quel type de lecteur es-tu ?

Je suis malheureusement une lectrice inconstante ! Pendant certaines périodes de ma vie, je vais dévorer ; pendant d’autres, je vais plutôt me laisser dévorer par le quotidien. Je crois que je suis plutôt bon public, je peux aimer des ouvrages selon des critères très variés (la forme ou le fond, la finesse ou la légèreté).

Dans ce numéro 9 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton recueil « Nuits blanches », peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ?

Il s’agit de courts récits dont la plupart sont en lien avec mes études de médecine. Aucun récit n’est authentique, mais ce sont des histoires proches de ce que j’ai pu voir à l’hôpital – ou du moins, des histoires qui m’ont permis d’extérioriser des émotions similaires à celles que j’emmagasinais à l’excès.

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Une découverte récente ! Je ne connaissais pas la revue avant de participer à cet appel à textes. J’ai lu les premiers numéros et certaines nouvelles m’ont beaucoup plu, j’ai aimé la diversité de l’ensemble. J’aime aussi le fait de créer un lien entre auteurs indépendants, faire découvrir des plumes multiples, rompre l’isolement.

 

Découvrez « Résilience » dans L’Indé Panda 9.

Lisez « Nuits blanches » sur Amazon.

fanny crubellier

0
    Votre panier
    Votre panier est videRetourner à la bamboutique